Main photo Coup de projecteur sur l'oeuvre de Savy Foglietti - Alençon

Coup de projecteur sur l'oeuvre de Savy Foglietti - Alençon

  • Par Lydie
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Coup de projecteur sur l'oeuvre de Savy Foglietti - Alençon 

Entrez dans l'atelier du mosaïste Savy Foglietti :

  L'artisan d'origine italienne était à la tête d'une entreprise qui a compté jusqu'à vingt salariés dans les années 60. Depuis son décès, en 1996, rien n'a bougé chez lui.

Reportage
Cette rue, c'est la sienne. La rue du Gué-de-Gesnes s'appellera peut-être un jour « rue Savy-Foglietti », du nom de l'artisan d'origine italienne qui y bâtit son empire : il y construisit et y aménagea plusieurs immeubles. Large enseigne, silhouettes égyptiennes, entrées carrelées... En face des grilles de l'institut de formation en soins infirmiers, plusieurs façades portent encore aujourd'hui sa trace. Une oeuvre inattendue et originale.
Apprenti auprès de Vénitiens et Lombards



La vie de Savinien Foglietti, né en 1912 à Saint-Calais dans la Sarthe, fils d'un Italien spécialisé dans les techniques nouvelles dans l'art de la maçonnerie et du béton qui choisit de rentrer en Italie en 1914, a basculé à la mort de son père au début des années 20. Il n'est encore qu'un enfant. Sa mère opta pour un retour en France. Le jeune Savy fut placé chez un oncle d'abord, puis devint apprenti au Mans, dans l'entreprise d'un Vénitien.
Carrelage et mosaïque n'ont plus de secrets pour lui quand il crée son entreprise à Alençon, où il a de la famille, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Le carrelage de l'église du Christ-Roi à Courteille, les mosaïques du Champ-Perrier, des maisons du boulevard Duchamp... Le carrelage le fait vivre, la mosaïque le fait vibrer. « C'était une véritable passion », confie sa fille, Lydie Galais-Foglietti. Pas un mur de sa maison n'y a échappé.
Dans les années 60, l'entreprise Savy Foglietti a compté jusqu'à une vingtaine de salariés. Décoré à plusieurs reprises, il est fait meilleur ouvrier de France dans l'art de la mosaïque en 1965.

L'heure de la prospérité arrivée, Savy Foglietti prit ses aises rue du Gué-de-Gesnes. « Jusqu'à la fin, j'ai toujours vu papa travailler dans son atelier », raconte Lydie Galais-Foglietti. On doit aussi au mosaïste alençonnais la restauration des oeuvres de l'Italien Facchina en l'église de Montsort.


 
Savy Foglietti a reproduit la Joconde en mosaïque. Petite particularité : son corps est tourné dans le sens contraire de la Mona Lisa de de Vinci. « C'est à cause de la technique de travail à l'envers, éclaire Lydie Galais-Foglietti. Papa collait ses fragments à plat sur des cartons, à l'envers. Puis la mosaïque était collée sur son support définitif. »


Plus rapide que le collage direct mais avec une conséquence : le dessin se retrouve à l'envers. Cette technique avait été inventée par Facchina. Une lumière s'allume chez Jean-Louis-Fleur : « Je viens de comprendre pourquoi la Vierge tenait l'enfant Jésus du mauvais côté dans la mosaïque de Facchina ! »
J'ai voulu rendre hommage à ce talentueux artiste que j'aime et qui reste dans ma mémoire  
Mes amitiés à tous
Lydie


Quelques œuvres de mon père :





Savy Foglietti :


un mosaïste piémontais à Alençon


Savy Foglietti a exercé son talent dans de nombreux domaines

  • - la mosaïque de pierre, de pâte de verre et de marbre,
  • - la sculpture de pierre et de marbre,
  • - le moulage de pierre reconstituée, de béton, de terre, de ciment, de plâtre,
  • - le vitrail sur ciment,
  • - les ensembles décoratifs avec jeux d’eau.

Quelques-uns de ses travaux, à Alençon

  • - carrelage de l’église du Christ-Roi à Courteille,
  • - mosaïques du Champ-Perrier,
  • - cuisine des Petits Châtelets,
  • - restauration des mosaïques de la chapelle Sainte-Thérèse de l’école Saint-François de Sales,
  • - maisons du boulevard Duchamp et de Courteille,
  • - fontaine du Champ du Roi,
  • - fontaine de la station des eaux à Courteille,
  • - Vierge de l’église de Montsort et restauration des oeuvres de l’italien Facchina,
  • - décoration de la chapelle et construction de l’autel pour les Soeurs de la Providence,
  • - deux écussons, deux colonnes surmontées de potiches et deux sphinx en maçonnerie offerts
  • à la Ville d’Alençon et installés au Parc Élan



Biographie expresse

  • 7 décembre 1912 : Naissance à Saint-Calais (Sarthe)
  • 1926 : Apprentissage au Mans. Grâce à cette formation au milieu d’artistes lombards et vénitiens, le carrelage et la mosaïque n’ont plus de secrets pour lui.
  • 1939 : Mobilisé puis prisonnier de Guerre, il s’installe à Alençon chez son oncle, après 5 ans de captivité.
  • 1945 : Mariage avec Rosita Marimon, ils auront 3 enfants.
  • 1950 : Création de son entreprise à Alençon.
  • 1955 : Installation de son atelier et de la marbrerie, rue du Gué-de-Gesnes dans le quartier de Montsort. Il y construit sa maison et un immeuble avec un hall d’exposition au rez de- chaussée. Dans les années 60, son entreprise compte près de 20 salariés.
  • 11 février 1996 : Décès à Alençon.



Ses décorations


  • 1951 : Médaille d’or et Médailled’argent à Caen
  • 1965 : Meilleur Ouvrier de France
  • dans l’art de la mosaïque
  • 1985 : Diplôme et Médaille d’or àVimoutiers

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