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Shadows (chapitres 0 à 2)

  • Par Lame37
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Chapitre 0 : Après la guerre...


Des terres désolées, des natures ravagées, des structures détruites, voilà les restes de “La Guerre du Chaos”, l'un des plus grands conflits intergalactiques. Elle a eu lieu, jusqu'aux confins de la galaxie, il y a près de vingt ans terriens, soit environ dix cycles universels. Cet affrontement a opposé bien des personnes avec des dons particuliers. Des guerriers avec ou sans pouvoirs et venus de divers horizons ont combattus des hordes de viles créatures aux origines mystérieuses, commandées par un être avide d'équilibre par le chaos.

Dans le premier camp, se trouvait apparemment des héros, mais pas forcements des gentils en tous points. Même les méchants peuvent être les héros de leur propre histoire. C'est une question de points de vue, de faits et de ressentis. En fait, qui qu'ils soient, les gens ne sont jugés que par leurs actes. L'important, c'est qu'ils voulaient protéger des vies sans faire trop souffrir.

Pour l'autre camp, la question des héros ne se posait même pas. Ils n'avaient plus de sentiments, ce qu'ils étaient avant, avait sombré dans l'oubli. Ils servaient les idéaux d'un individu qui pensait qu'il y avait trop de partisans de l'esprit de la Lumière, des héros, des justiciers. Pour lui, il devait par conséquent renverser la tendance et du désordre faire naître un nouvel équilibre.


Qu'est-ce qui fait, détermine un héros ? Ses origines, son parcours, ses objectifs, s'il a marqué l'Histoire, s'il a sauvé des vies ou en a pris ; tout cela change en fonction de la personne. Mais il y a aussi comment ils sont perçus qu'il faut prendre en compte. Car partout, un être quelqu’il soit, sera toujours considéré comme l'ennemi, s'il s'oppose aux projets d'une tierce personne.

La compassion, l'amour, l'amitié et d'autres sentiments jugés positifs se rapportent aux Lumières, au Cosmos. Au contraire, la rage, la colère, l'envie et autres états d'âme négatifs sont considérés comme issus des Ténèbres, du Chaos. Mais là encore, le mal ou le bien est une question d'opinions, de sensations. La confusion peut aussi être mise en valeur et les enjeux remis en questions.

Le Ying et le Yang, le blanc et le noir s'opposent sans cesse et se complètent malgré tout dans un parfait équilibre. La représentation symbolique nous apprend que l'on peut trouver une part sombre dans la clarté et inversement. Cependant, pour certains habitants, il n'y a plus d'ordre entre les deux fragments. Pour eux, une couleur a pris l'ascendance sur l'autre et recouvre plus le cercle que d'ordinaire. Ils ont jugé donc qu'il faut alors se battre contre la partie anormalement plus grande et plus présente. Mais est-ce le bon choix et qui sont-ils pour décider de la manœuvre à effectuer ? Voilà un mystère de plus non élucidé...


L'univers qui ressortit de l'affrontement fut à jamais infligé d'une large “cicatrice” faite de débris de planètes et de roches. Presque tout le monde a ressenti les affres d'un tel changement, d'un massacre sans nom. Des millions de morts, des lieux, des espaces ont été pratiquement ou totalement anéantis. Même à des kilomètres à la ronde, en répercussion de simples “caprices” qualifiés de naturels ont eu pour cause ce conflit dépassant l'imagination.

C'est à se demander si des êtres aux pouvoirs quasi-divins ne sont pas intervenus. 

Les personnes défendant les mondes ont perdu leur statut de héros, de sauveurs. Très souvent, quand on se bat, on ne se rend pas compte que des civils peuvent aussi être violemment touchés. Les héros ne sont alors plus considérés comme autrefois en tant que justiciers sauvegardant le vaste univers et les mondes qui le composant contre ce qu'ils pensent être le mal. Ils sont simplement devenus de puissants guerriers luttant pour la survie de milliards d'individus au prix de plusieurs milliers.


Le commun des mortels a pourtant tourné quelques-unes de ses croyances et religions vers ces gens exceptionnels. Ils représentent des sortes de nouveaux dieux avec les épaules malheureusement trop fragiles et faibles pour tout protéger. En effet, ils n'ont pas ni la possibilité d'être omniprésents, ni conscience de ce qui gravite autour d'eux. Tous ces blessés, cadavres, combats, déflagrations et fracas sont ressentis à des centaines de méga-kilomètres. Ce n'est qu'entrechoquement d'armes, de vaisseaux et de corps auxquels bien des êtres vivants s'expose malgré eux.

Quand l'univers ou une partie trop importante rentre en guerre, les séquelles se referment difficilement. Alors pourquoi continuer de croire en quelque chose ou quelqu’un qui ne vous entend pas ou qui ne répond pas à vos prières ? Quand les cultes perdent leurs fidèles, les légendes s'estompent et disparaissent. C'est ainsi que les justiciers, protecteurs présents lors de la grande guerre ont sombré dans un oubli presque complet. 

Accusés de n'avoir pas suffisamment empêché des habitants, des races, des espèces, des planètes de périr, de tomber en cendre ; on les condamne et les blâme de tout les mots. Ainsi diverses créatures ont disparus comme des êtres dragoniques, des peuples félins, d'anciens habitants de contrées éloignés et divers autres représentants de mondes aujourd'hui presque oubliés. 


Désormais, rares sont les restes d'hommage, sépultures, mémoriaux qui sont dédiés à leurs images véhiculées. Ce genre de chose ne fait plus trop de nos jours, c'est devenu mal vus et parfois même sévèrement punis. Seule une poignée de mercenaires agissant comme des hors-la-loi, sont considérés comme les héritiers de cette époque révolue. De par leurs actes et leurs faits, ils ont gagné le surnom de “héros de l'ombre”. Pour leurs employés, c'est de simples guerriers engageables pour diverses missions, mais pour leurs quelques partisans, ils représentent bien plus...


À l'instar de leurs prédécesseurs dont certains ont tenus tête à des êtres tels que le géant-démon Comaroc ou encore le “Guerrier des Distorsions” et son armée. Ces mercenaires ont su se faire une place et gagner de la reconnaissance aux-près de leurs rares fidèles. Un jour, peut-être, arriveront-ils à redorer le blason de leurs ancêtres, aînés. 

Seulement, rien ne fera revenir ceux qui ont péri pour que d'autres survivent. Des Pégasauriens, comme Dalco et ses pairs sauriens humanoïdes. Des Forcékiens, comme Force-lame et les siens, utilisateur de "la Force". Des Darans, félins-chats anthropomorphes comme Boukciran et Éternatus. Ou des mutants de Terra-Mutania comme Red-Phoenix ou Milleniumwary et leurs semblables...

Ces marques semblent à jamais ouvertes et il faudra du temps avant que les rescapés et leurs descendants comprennent enfin que les grands ne pouvaient tout simplement pas sauver tout le monde. Des héros ont donc été omis volontairement, car ils n'ont apparemment pas fait ce qu'ils devaient. Ce que les gens peuvent être égoïstes et penser être le centre des préoccupations, de l'univers.

*

Sur une lointaine planète sans nom, un mystérieux individu avance d'une démarche déterminée. Il est comme vêtu de noir et de vert étincelant aux reflets jaunes, sa sombre cape et ses cornes luisantes complétaient cet aspect horrifiant. À chacun des pas qu'il fait, on sent cette odeur de désolation qui empeste la terre et le vent. La personne n'a que faire de cela, son esprit est ailleurs, car il a semble-t-il une quête à accomplir.

Normalement, il ne doit pas être ici, mais quelque chose ou quelqu'un l'a attiré en ces lieux immondes. Son nom ne dirait rien aux possibles témoins, mais il est bon de savoir qu'il s’appelle Nawol. Il est aussi surnommé le “messager d'outre-monde” et même s'il fait beaucoup penser à un démon, il ne parait ni belliqueux, ni animés d'intentions destructrices. Ses racines, origines sont incertaines, mais il n'est pas insensible aux recherches personnelles d'identité.


Il y a très peu de végétations et rien qu’en marchant là où le mène son mystérieux objectif, on entend et revit les instants de la terrible guerre qui a eu lieu des décennies plus tôt. Il ne s’agit nullement de l'impact de Nawol, l'endroit porte tellement de marques profondes qu'elles sont gravés dans le temps et le monde des esprits. C'est ainsi que partout, dans le vieux champ de bataille, des véhicules et des rochers s'écrasent, des bruits venant du lointain et du passé prennent forme et semblent tellement réels.

Les scènes de morts se répètent inlassablement et les armes s'entrechoquent indéfiniment. Des balles, des coups de lames et diverses attaques d'énergie atteignent des cibles ou se perdent dans la pagaille, le sang et les limbes. Le plus gros du conflit a eu lieu ici et nous revoyons donc des individus tomber, des arbres se fendre et des flammes ou autres éléments envahir les endroits de combat. Tout cela est le fruit de la magie obscure inondant les lieux, l'individu a bien des pouvoirs, mais pas celui de recréer des scènes réalistes à ce point.

L'être semblant surnaturel continue d'avancer, ne se souciant pas des fantômes qui le traversent ou croisent son chemin. Parfois, on peut l'apercevoir s'attarder pour se recueillir devant quelques rangées de tombes, stèles et statues fragiles et sobrement édifiées par des gens respectueux des sacrifices effectués. Ce genre de personne se fait rare de nos jours, ces cultes ne sont guère appréciés dans ce vaste univers. Nawol, l'étranger prend donc quelques secondes pour honorer debout en silence ces monuments, témoins et représentant d'une vieille époque.


Les quelques ossements ici et là nous rappellent que la nature et la vie suivent leur cours au grès des tempêtes et qu'au loin des “héros de l'ombre” tentent vainement de faire vivre l'héritage des “nobles” guerriers disparus. Le marcheur respecte tout cela et tout en luttant contre ses propres démons, il arrive peu à peu vers la source de sa venue.

Dans un large cratère digne d'un vieux volcan endormi, sa longue marche le menait vers une étrange lueur rouge et orangée. Qui est la créature ou entité qui lui a inspiré ce voyage ? Il se peut que lui aussi se le demande, il aura sûrement la réponse un jour. Cependant, pour l'instant le plus important, c'est cet objet un peu enfoui dans la terre au centre du lieu. Une météorite s'est écrasée par ici et a enclenché le processus. Du temps a passé et l'artefact fut découvert par un charognard ou une bête creuseuse, mais ne pouvant être percé par celui-ci, fut laissé là.

Plus Nawol, avance et plus il manque de perdre l'équilibre. Est-ce cette chose qui le fait mentalement vaciller ? L'objet est formé d'une sorte de dôme d'un curieux cristal. Il le déterre et découvre qu'il s'agit en fait d'une sphère brillante.


Elle s'est formée grâce à toutes l'impureté ambiante, se nourrissant de la haine, de la pourriture et de la mort. Elle est d'un rouge-orange très éclatant et parait venir de nul-part. Il n'y a rien de semblable à l'horizon et l'objet “unique” suscite la curiosité, la méfiance, la convoitise et le désordre. Il en émane une telle sensation de sang et de mal que l'on croirait avoir à faire à une sphère de chaos comme le compte certaines légendes. Mais notre ami, Nawol n'a rien d'un obscur démon et ce globe s'il ressemble fortement à l'objet de convoitise à l'air beaucoup plus puissant et dangereux.

En effet, les archives écrites par un certain Boukciran, Daran ermite et archiviste ne font pas mention d'une telle concentration de puissance et d'intentions malsaines. Notre étrange démon ne peut tenir longtemps la sphère et comprend que c'est bien plus que ce qui fut décris. Cette chose ne doit pas tomber entre de mauvaises mains, griffes. L'être sent qu'une partie de lui est fortement attirée par le pouvoir et que des visions macabre le submerge alors. Il a peur de cet inconnu qui sommeille en lui et il ne peut se séparer.


Il tenta alors de détruire la sphère de ses propres mains, mais n'y parvint que partiellement. Les morceaux tentèrent de se réunir. Envoyer une déflagration de pouvoir sur les morceaux pourrait s'avérer risqué. Il s'agirait alors d'un déversement d'énergie qui pourrait nourrir le globe fracassé. La seule solution pour le moment était donc les éparpiller aux quatre coins de l'espace infini. C'est ce qu'il fit et ainsi, les fragments s'envolèrent à coups d'ondes de choc et de violents coups pour se perdre dans les fins-fond de l'univers. 

Nawol, qui n'a rien d'un sauveur, décolla à son tour pour surveiller une partie du voyage de ces maudits éléments de pouvoir et de puissance. Il tenait à s'assurer que leur réunion ne serait pas immédiate. Il valait mieux diviser pour mieux régner sur l'espoir et essayer d'éviter un nouveau désordre. Un tel pouvoir doit être exilé, caché et non utilisé pour on ne sait quel funeste dessein. Les morceaux ne doivent pas être rassemblés, réunis sous peine de risquer d’anéantir plus de la moitié de l'univers, populations et planètes confondues.


Dans la galaxie, il y a une infinité d'univers et la destruction massive de mondes composant un seul d'entre eux menacerait de provoquer un énorme trou noir assez conséquent. Et rien, ni personne n'échappe à un maelstrom de cette envergure. Quel serait alors l'avenir des autres endroits, lieux de vie et dimensions ? Que resterait-il des vivants et comment survivraient-ils ? Existe-t-il quelque part des individus assez forts pour achever ce que Nawol a commencé ? Tout cela n'est que mystères et boules puissances.


Chapitre 1 : Casse nocturne


L'histoire commence plus de quarante ans après la disparition de l'étranger et la brisure de l'artefact chaotique, soit bien plus d'un demi-siècle après la grande guerre intergalactique. Sur Terra-N5, une lointaine planète humaine au développement type début vingt-et-unième siècle. Dans une ruelle en pleine nuit, devant un grand bâtiment gris à trois étages, deux individus gardent l'entrée.

Ils sont à l’abri d'une pluie battante dans une avancée de l'endroit à l'aspect assez commun. Ils sont ordinairement vêtus de smokings noirs avec des lunettes de soleil et portent à leurs ceintures de simples pistolets d'agents de sécurité. Ils discutent tranquillement sans se soucier de ce qui peut se préparer au lointain.

La scène n’intéresse guère une troisième personne qui accroupit les surveillent en douce sur le toit. L'eau clapotant et la faible luminosité d'un lampadaire ne gênent pas cet être venant d'un autre monde. Il a une vision nocturne semblable à celle des félins. Il possède sur chacune de ses mains, une plaque orange et bleu et debout avec tout son attirail, il mesurerait environ un mètre soixante-et-onze. Il est vêtu d'un survêtement noir sans manche avec sur le haut, des bandes oranges et d'un ceinturon auquel pendent deux disques. Le reste de son corps athlétique et ses bottes sont recouverts d'une espèce de protection noire bleutée qui semble lui offrir un parfait camouflage et une imperméabilité pour une discrétion quasi-totale.


La pluie bruyante continue de tomber, pendant qu'il reste quelques instants posté au-dessus des gardes ignorants. Puis, il se relève et se retourne pour avancer vers le milieu du toit en faisant attention aux morceaux de pierre qui risquent de tomber. Pendant sa marche, on peut apercevoir accroché à son dos, un étrange et grand anneau bleu avec des triangles oranges. Arrivé sans encombre au centre du toit du bâtiment, il décroche l'anneau et s'accroupit pour le poser sur une surface légèrement stable.

Il touche deux des petits triangles et active alors en silence l'objet qui révèle d'abord un liquide bleuté puis l'intérieur du bâtiment en vue plongée. Les étages et les pièces apparaissent pour lui, transparents et montrent rapidement au deuxième l'existence d'une chambre forte assez sécurisée. Devant celle-ci, il y a juste un garde, avec plusieurs caméras de surveillance et quatre autres personnes aux alentours. Le contenu des autres étages n’intéresse guère le curieux individu.

Toujours baissé, il désactive son engin et le range dans son dos. Puis il décroche les deux disques pour les rassembler en un seul dans sa main droite. Il prend une inspiration et passe sans problème au travers du toit, les deux pieds en premier. Ainsi, il accède à l'étage visé et se réceptionne en douceur et souplesse. Un garde le voit, mais trop tard, car le disque vol et l’assomme dans un bruit sourd. Dans un bruit de fer heurtant nuques, matériels et sol, dans chaque étage comme à l'extérieur, les gardes et caméras sont vite neutralisés par le projectile qui semble se mouvoir de lui-même. Pendant que tout le monde s'écroule, l'individu avance en se dandinant joyeusement et en chantonnant un vieil air de jazz.


Devant la chambre forte, le dernier garde brandit son fusil à pompe vers l’intrus. Celui-ci tout en continuant d'avancer serre juste les poings et les entrechoquent. Alors le garde tire, mais la balle reste figée dans le vide. D'un seul coup de poing, le cambrioleur projette le pauvre garde contre la porte de la chambre. Le gardien percute la lourde porte et la fait tomber de ses gonds pourtant solides. Les alarmes s’allument, mais ne gênent pas la progression du voleur. Le disque revient à son propriétaire et se redivise de lui-même pour se raccrocher à sa place.

Au centre de la pièce, sur un socle, brille d'une couleur dorée, une grosse perle de la taille d'un crâne humain. Le cambrioleur traverse tranquillement la pièce, enjambe la porte et le corps assommé et prend à nouveau son anneau pour le positionner sur la vitre de la sphère. Le couvercle éclate en morceau sous la pression, les alarmes se taisent à cause de l'émanation provenant et s'échappant du trésor. L'objet de quête disparaît à travers le liquide et l'individu reprend son anneau. Il marche jusqu'au mur opposé à l'entrée et le franchit sans difficulté pour se retrouver à l'extérieur dans la silencieuse ruelle.

À peine sortit, une lumière venant du ciel l'illumine et une voix pouvant provenir d'un haut-parleur se fait entendre.


– Pas de gestes brusques, Zac Orne vous êtes en état d'arrestation pour ce vol et les précédents ! Veuillez obtempérer et tout se passera bien !


– Si vous croyez que vous pouvez me retenir ! Ah, ah, ce n'est pas un simple dispositif qui va m’arrêter. L’interrompu répondit, tout en rigolant et en tentant de traverser la « barrière ».


– Ne pensez même pas pouvoir vous enfuir cette fois ! Cette « lumière » a été conçu pour empêcher l'utilisation de tous pouvoirs et technologies, y compris les vôtres ! Veuillez lever les mains l'air avec votre anneau de téléportation bien en évidence.


– Ok, vous avez pour le moment la situation en main et vous avez aussi du sens du style. Bravo, puisqu'il faut un jour se faire prendre, autant le faire avec classe.


Les mains tendues et l'anneau levé vers la source du halo, Zac Orne se laisse transférer vers un vaisseau positionné dans l'espace à plusieurs kilomètres de la planète. Il est à peu près ovale, long de plus de vingt mètres et gris avec des dorures et des bandes bleues sur les côtés. Sous la coque avec les stabilisateurs déployés, on peut voir un unique canon rangé dans un long compartiment rectangulaire servant de cale d'atterrissage. Le véhicule possède deux réacteurs latéraux et un plus grand à l’arrière.

En guise d'aileron dorsal agrippé au vaisseau, on peut distinguer un petit module de reconnaissance argenté. Situé à l'avant, le cockpit est visible et protégé par un renfoncement et une vitre spéciale. On reconnaît là dans l'ensemble, un vaisseau fait pour la vitesse et l'exploration. Il ne dispose donc pas d'énorme capacité de combat, mais fait partie des plus rapides de la galaxie. À l'intérieur, Zac débarque en ne comprenant pas ce qu'il se passe.


– Qu'est-ce que je fais dans le « Comète » ? Je ne suis pas arrêté ? S'interroge a-t-il avant d'apercevoir une silhouette dans l'obscurité du cockpit situé à l'avant du vaisseau.


– Ne bouge pas Orne, un geste brusque et je tire ! Ordonna la mystérieuse personne en pointant Zac avec une arme noire semblable à un lance-grenade.


– Holà, on peut discuter. C'est quoi ce piège et d'où vous êtes monté abord sans permission ? C'est illégal ce que vous faites.


– Hum, c'est vous qui parlez de légalité. Je vous avais pourtant prévenu. « Hasta la vista ! »


Dans un grand bruit et à une vitesse folle, le coup part et une grosse balle grise en caoutchouc vient heurter le piégé en plein torse. Il se retrouve au sol et la personne dans l'ombre s'avance vers lui. La lumière révèle l'apparence de l'intruse. Car en effet, il s'agit d'une jeune femme, d'un mètre soixante-cinq et d'à-peu-près vingt-cinq ans. Elle est de peau légèrement blanche, les cheveux à moitié longs rouges et argentés et porte une combinaison de mécanicienne légèrement bleutée et un peu salie. La femme est plutôt jolie, de silhouette normale et ordinaire. Elle trouve très plaisante, la situation dans laquelle se trouve Zac.


– Alors « Zaki », ça fait quoi de se faire avoir par une fille ? Je t'es bien eu, hein ? Ricana-t-elle


– Tenjie ? Tu es sérieuse et qu'est-ce que tu fais ici ? C'est quoi ce plan, ok, on est ensemble, mais d'où tu me fais ce genre de frousse ? Submergé de question, Zac n'en revient pas, il est à la fois surpris et content de la voir.


– Justement, au vue de notre relation, je peux me le permettre. Allez debout mon grand, la blague est finie. Lui demanda-t-elle en lui tendant la main pour l'aider à se relever.


Zac suit le mouvement de sa copine, se redresse et retire la protection de sa tête. Ils s'embrassent et s’étreignent un court instant, puis s'écartent. Il est métis, a cheveux très courts et bruns, la tenue bleutée qu'il enlève montre un jeune homme de vingt-quatre ans plus grand que Tenjie et assez sportif. Il garde son survêtement et se dirige dans un coin du vaisseau vers une petite table. Pendant ce temps, Tenjie dans son dos retourne faire une vérification technique de dernière minute. Sur la table, est posée dessus en lévitation : une boule légèrement transparente dans laquelle se trouve la précieuse perle. Tout en s'affairant Tenjie s'exclame.


– Sacré trésor que tu as ramené, c'est rare une “perle Kayos”. Le contenu doit en valoir l'effort, tu m’épates de plus en plus.


– C'est vrai que c'est très recherché, mais je ne suis pas assez curieux et fou pour tenter de percer le mystère. D’ailleurs, l'Antiquaire m'a promis un bon prix pour la livraison. En tout cas, ça fait plaisir de te voir t'intéresser à mon boulot. Répondit-il calmement en appuyant sur des boutons du meuble pour faire apparaître un petit écran translucide.


– C'est tout à fait normal, sur Catoun, je m’ennuyais au mien. Mais je suis surprise que tu faces encore confiance à cet individu corrompu jusqu'à l'os. Prononça-t-elle en donnant un dernier coup de clef au plafond et en rappelant où elle travaillait quand il fallait prépare, réparer le Comète.


– Si je donne aux autorités une telle chose, je peux dire adieu à ma profession de chasseur d'artefacts. Il n'est guère appréciable, mais au moins je serai payé pour ma mission. Rétorqua-t-il en entrant une adresse et en actionnant un dernier bouton pour envoyer le précieux colis.


– Et tu avais besoin d’assommer tout le monde ? Tu ne pouvais pas être plus discret ? Fit-elle remarquer en se dirigeant avec aisance vers le tableau de bord de l'avant.


– La chambre disposait d'une fermeture extérieure accessible aux gardes en cas d'alerte. L'endroit avait été prévu pour être quasiment inviolable et extrêmement protégé. Alors, j'ai quoi comme prochaine mission, ma petite dame ? Dit-il en la suivant après avoir vérifié le départ de la sphère.


Il s'installe à son siège de pilote et entreprend de désactiver le pilotage automatique et de préparer l'alunissage. Pendant cela, Tenjie active la soute pour son propre siège de co-pilote. Elle lui annonce qu'il faudra passer par un tunnel dimensionnel. Celui-ci est positionné à proximité de la planète Félonse de la constellation du lion. Elle est connue pour abriter des Fauvars, espèces de félidés anthropomorphes maîtrisant un fluide bleu-lumineux, très particulier.

Mais la vraie destination est une lointaine planète de championnats inter-combats. Dorinka, où un autre artefact doit être cette fois-ci identifié pour être neutralisé par un expert, mercenaire. Zac n'est donc pas le seul chasseur sur le coup et regrette un peu de devoir normalement juste épauler l'individu, surnommés aussi : “héros de l'ombre”.

Il aimerait tant vivre une véritable aventure et se rendre plus utile à la société spatiale. Quand à sa compagne, au départ, elle se contentait de l'attendre au lieux-base Catoun, pour réparer les bêtises de Zac et écouter ses vielles référence d'autres générations. Tenjie avait envie de partager cette passion de découvrir une partie de l'espace, l'univers galactique et d'assister son conjoint dans ses péripéties et voyages.


Les coordonnées sont rentrées, les commandes actionnées et le couple prêt au départ. Le moteur s'allume, il vrombit et les réacteurs latéraux se déploient. En effet, ils sont reliés à des sortes d'ailettes rétractables. Les stabilisateurs se coupent, se rangent et la mise à feu des réacteurs s’intensifie. Un bruit fort d'enclenchement et d'un coup, il se projette dans l'espace. Une onde de choc soudaine et le voilà disparut et propulsé vers l'infini et l'au-delà…


Chapitre 2 : Nature sauvage


Les étoiles qui virevoltent à une vitesse extrême et la traînée du vaisseau laissent place à la masse noir de l'espace. Le vide intersidéral est paisible et d'une beauté sans pareille, on pourrait le comparer à un ciel étoilé. Une étoile filante, comète vole très haut et les lumières du ciel scintillent de mille éclats. Trois lunes brillent alors qu'une des lointaines étoiles faiblit et s’éteint. Un soupir vient ponctuer cette disparition et un grognement de félin attire l'attention sur un étrange animal assis dans les hautes herbes.

La lumière nocturne, le révèle peu à peu et montre tout d'abord ses yeux orangés, puis sa peau de couleur fauve. Il est d'apparence semblable à un vieux puma qui se tiendrait debout et portant un genre de kimono. De plus, sa stature est assez différente. En effet, il est bien musclé et mesure à peu près un mètre quatre-vingt-cinq. Son haut sans manche est en partie noir, tandis que le reste est d'un bleu très foncé et lumineux. Enfin, il porte une ceinture en tissu bleu fermée par un rond central.

Sa longue queue nue s'agite au grès du vent pendant qu'il regarde une dernière fois le ciel. Sa tête, ses bras et le bout de ses pattes postérieures sont dépourvus de vêtement. Derrière lui, il y a un village constitué de ses semblables. Les habitations claquent au vent et un feu grésille au loin, pendant que tours en bois et gardes dans la pénombre veillent sur les endormis.


L’anthropomorphe quitte sa contemplation, se lève et se retourne pour se diriger le campement. Il avance à travers des allées de tentes, tout en ruminant et en repensant au monde qui s'est éteint à des années-lumière d'ici. Depuis combien de temps, ce lointain monde était-il mort ? Le félidé ne le saura pas, mais qu'importe, le plus intéressant est près du feu.

En effet, près de la source de lumière crépitante, un autre félin est assis. Celui-ci paraît plus jeune et plus aguerri que son aîné. Il est aussi de couleur fauve et mesure à peu-près un mètre quatre-vingt-dix. Sa queue semble danser au rythme du vent et des flammes vives. Ses yeux brillent comme deux torches et ses muscles saillants lui donne l'aspect d'un fier guerrier. Ses habits sont presque les mêmes que le fauve âgé, mais en légèrement plus clairs. Et il possède en plus des mitaines noires aux bouts des pattes antérieures. Il regarde le feu d'un air pensif tout en soupirant. À l'approche de l'ancien, il grogne amicalement et s'écarte un peu. Le vieux félin s'assoit à sa droite et entame la discussion d'une voix calme et polie dans une langue trop animale pour la compréhension humaine. Le vent caresse doucement leurs poils et fait voler quelques feuilles et étincelles.


– Hurf, alors, on ne dors pas Fland ? On a encore fait un cauchemar ? Interroge a-t-il en mettant étirant ses muscles assagis vers l'élément flamboyant et en pivotant la tête vers son pupille.


– Si ce n'était que cela, grand-père Flavron, je crois que ça irai. J'ai d'autre soucis, comme mon ambition de devenir un élite et de faire honneur à elle… Répondit le dénommé Fland en projetant de la terre avec sa queue et en fermant les poings avec nervosité. …et à notre famille. Termine-t-il en se tournant vers son parent, le poing sur le cœur.


– C'est vrai que ton cas est particulier, mon petit-fils. Ce n'est pas tous les jours que ça arrive d'avoir de forts sentiments pour quelqu'un. Surtout chez nous autres, nous les Fauvars qui ne sommes pas très réputés pour aimer notre prochain ou même notre partenaire. Prononça-t-il calmement en passant deux griffes dans ses moustaches.


– Pff, si je pouvais vivre comme un Fauvar normal de seconde classe, ça pourrait convenir. Mais je me suis amouraché de Taïga. Pff, la propre nièce de note chef. Ajout a-t-il en passant ses bras derrière sa nuque.


– Ah là, là ! C'est une véritable tornade et il fallut en plus que vos sentiments soient réciproques. Une chose est sûre, tu n'as rien à lui prouver, mais tu dois le faire pour montrer que tu veux plus qu'un simple seconde classe. Conseilla-t-il en jouant encore avec ses moustaches et en appuyant ses paroles par des gestes d'index en direction de Fland.


– Je suis prêt à tout pour elle et même défier les lois ne fait pas peur ! Je saurais montrer au chef que le rang, les origines et les différences ne nous définissent pas. Il faudra bien plus que du temps, un entraînement et des épreuves pour nous empêcher de vivre Taïga et moi ! Affirma-t-il en montrant sa forte détermination par de grands mouvements vers le feu comme pour le saisir.


– Ah, ah ! Comme dirait ton père, Fresno : ça, c'est un gaillard comme je les aime ! Prononça en ricanant, Flavron tout en tapotant sur l'épaule de Fland.


– Eh bien que de volonté, mon cher ! Je me demandais justement, quand tu aurais le cran de prononcer une chose pareille. Dit une voix douce et féminine qui venait de derrière eux.


Ils retournèrent tous les deux et distinguèrent une féline, Fauvar femelle. Elle se tenait dans l'ombre à côté d'un haut piquet et semblait avoir échappé à leur perception. Elle a les bras croisés et son visage, ainsi que ses yeux pétillants montrent sa joie de trouver assis deux personnes qu’elle affectionne. Elle est légèrement mince, au pelage fauve et grande d'un mètre quatre-vingt-cinq avec quelques muscles raisonnables. Elle porte de longs habits d'un bleu ciel très pur et argenté. Ceux-ci sont conçus pour laisser libres de tous mouvements. Seuls le bout de ses pattes, sa tête et sa queue sont nus. Bien que son rang ne fasse pas de doute, elle ne porte qu'un simple pendentif en os brillants et quelques bracelets richement fabriqués. On sent qu'elle se veut simple tout en montrant sans artifice qu'elle est fort jolie même pour une féline. À son approche, Fland paraît un peu surpris, mais se lève pour se tenir en face de sa compagne. Les deux « amants » secrets se reniflent, se touchent mutuellement le front de leur crâne et s'entrecroisent les mains.


– Taïga ! Ça fait plaisir de te voir. Mais je n'allais pas rester éternellement assis là. J'ai justement une dernière chose à entendre de la bouche de ton jeune et fougueux ami. Dit jovialement Flavron en se levant péniblement et en traversant les flammes sans brûler.


– Sans le pouvoir qui est le nôtre, un tel prodige ne serait possible, grand-père. Prononça posément Fland en détournant à peine son regard de Taïga. Il savait ce qu'on lui demandait, il n'y avait pas à hésiter.


Le coupe s'assit près du feu tandis que Flavron resta debout pour écouter et éviter de faire trop de mouvements brusques. La féline passa un bras sur l'épaule gauche de son compare en posant sa tête contre ses muscles. Leurs queues se croisèrent et il inspira un grand coup. Il commença alors à parler sous l'attention des deux Fauvars qui lui sont cher.


– Un Fauvar est un fauve anthropomorphe capable de sécréter sur son pelage une substance appelée le fluide. Celui-ci procure notamment à son utilisateur : force, vitesse, résistance et endurance. Rares sont les créatures pouvant utiliser cette capacité pour doubler leurs capacités et ainsi obtenir une seconde forme de combat. Elle est appelée chez nous : le mode Sauvage. Et il se manifeste en contractant nos membres et en développant une légère aura de la couleur bleu-lumière.

En temps normal, un Fauvar peut avec ou sans contact projeter, broyer un crâne, percer une armure d'un seul coup de patte. Nous pouvons avec le fluide attaquer frontalement comme à distance. Les déflagrations sont très violentes, surtout en seconde forme. Il permet aussi de nous rendre imperceptibles à presque tout type de détection.

Les meilleurs d'entre nous peuvent prétendre vouloir acquérir un pouvoir encore plus grand. Pour ce faire, il faut être majeur, suivre un dur entraînement d'au plus trois ans, éveiller instinctivement le mode Sauvage et réussir de difficiles épreuves. Seuls les Fauvars d'élite y ont droit et il leur permet d'obtenir par lègue d'énergie, une forme ultime et très redoutable : c'est le mode Extrême. Avec cela, notre puissance normale est presque multipliée par quatre. Nos yeux deviennent entièrement blancs et une aura plus prononcée et étincelante recouvre l'entièreté de son corps. De plus, nous gagnons en adrénaline et en endurance. Tenter sa chance est possible à chacun d'entre nous, à condition d'avoir l’âme d'un guerrier et le cœur d'un survivant.


– Bien dit, mais il ne faut pas oublier qu'un Fauvar atteint sa majorité à vingt-cinq ans en âge humain. Et que tout Fauvar ayant raté son ascension, devient un potentiel maudit et peut être banni de son clan à cause de sa possible dangerosité et incompatibilité sociétale. Mais je ne me fais aucun souci pour toi. Sur ce, je vous laisse jeunes gens. Prononça amicalement Flavron en se relevant.


– Il ne fait aucun doute que Fland réussira. Vous pouvez avoir confiance en lui. Il prouvera à tous, qu'il mérite d'hériter par cérémonie de la force de sa famille et d'avoir mon propre soutien contre l'avis de mon tuteur “d'oncle-chef”. Il n'y aura pas une barrière qui se dressera entre Fland et moi, qui que je sois ou que je choisis d'être. Affirma Taïga en assumant pleinement sa condition au sein du clan Fauvar.


Flavron laisse les deux jeunes à leur relation raisonnable. Tant qu'ils n'ont pas franchis le cap, il n'y a rien à craindre de la fureur du clan. La Lune éclaire les deux « amants » pendant qu'il rejoint sa tente avant qu'un nouveau jour se lève.


Au petit matin, Taïga sort de sa tente. Elle avance entre les habitations et croise d'autres Fauvars. Chacun est unique, appartient à une classe spécifique et peut exercer toutes sortes de métiers quel que soit sa classe ou son sexe. Les femelles ont presque les mêmes droits que les mâles, hormis le fait de pouvoir se faire entièrement respecter quel que soit leur rang. Cependant, elles se veulent indépendantes et la libres. Taïga sillonne entre forgerons, apprentis, chasseurs, tisseurs... qui peuvent tous apprendre à utiliser le fluide sous toutes ses formes.

Les vêtements des femelles sont de couleur unie avec des variantes de bleu. Tandis que ceux des mâles, sont bleu et noir. La majorité des Fauvars ont un pelage fauve, mais l'on peut aussi noter des nuances de gris ou de noir.

Le rang se reconnaît grâce à l'habillement, l'âge et l'expérience. Ainsi, dans la troisième classe, on trouve les Fauvars trop jeunes ou vieux pour se battre ; ils ont des vêtements bleus sombres. Dans la deuxième, il y a tous ceux pouvant se battre ; ils ont des vêtements plus clairs et des mitaines. Et dans la première, il y a les gardes et les expérimentés ; ils ont des vêtements plus lumineux et un casque. Les Fauvars d'élites, dont la plupart sont des premières classes, qu'importe leurs rangs ou leur sexe portent tous un drapé bleuté au rond de leur ceinture. Enfin, les nobles ont des habits simples, mais forts voyant avec quelques bijoux.


Taïga s'approche doucement d'un terrain fait de terre et de bois entouré par des hauts piquets. Il se trouve à la lisière d'une dense forêt qui sépare les Fauvars d'autres civilisations. De jeunes Fauvars dont Fland s’entraînent. À côté, des enfants fauves tentent de faire comme les grands. Certains des guerriers rigolent de cela tout en frappant contre des troncs ou des rochers. Néanmoins, Fresno, un élite plus sympathique corrige les mouvements des futurs apprentis et s'amuse à leur apprendre les bases. Il mesure environ un mètre quatre-vingt-trois, est bien musclé et de couleur fauve légèrement argentée. Il s'agit très visiblement d'un seconde classe fier de transmettre son savoir aux futurs générations.

Taïga salut les guerriers et échange un regard discret avec Fland. Celui-ci lui répond par un clin d’œil avant de se concentrer à son entraînement. Puis elle part vaguer à ses occupations.

Tout en tapant vivement dans le vide et en soulevant des poids, Fland pense à son avenir familial avec Taïga et espère pouvoir un jour être comme son père avec les gosses. En attendant, il doit tout faire pour réveiller d’instinct son mode sauvage. Car avec cela, après plus d'un an à s'entraîner durement, il pourra prétendre au poste de Fauvar d'élite et participer à la cérémonie de passage pour obtenir le pouvoir du mode extrême.


Tout paraît calme, quand soudain un cri masculin dans le ciel se fait entendre. « Attention en dessous ! » Des Fauvars s'écartent tandis qu'un être vêtue de noir s'écroule au sol. Fland le ramasse et l’empoigne pour lui faire comprendre qu'il n'est pas le bienvenu. L'étranger ne touche alors plus terre du fait de la posture dans laquelle il se trouve.

Il est athlétique et grand d'environ un mètre soixante-cinq. Il est vêtu d'un habit noir et orange sans manche et d'une capuche cachant presque entièrement son visage. Ses bras sont recouverts d'une substance noire bleutée et il porte d'étranges bracelets oranges sur les avants bras et des plaques aux mains. Son cache-visage tombe le long de son dos et révèle un jeune d'apparence humaine et de couleur bronzé, métisse aux cheveux très courts et bruns et ayant l'aspect d'un jeune homme de vingt-quatre ans.

L'homme fixe Fland qui le tient toujours au-dessus du sol. Le curieux individu sourit et en une fraction de seconde, ils se retrouvent quelques centaines de mètres plus loin, hors du village, près d'une pleine vallonnée. Fland est projeté dans l'herbe par le choc du voyage. Quelqu'un de normal n'aurait pas supporté son tout premier saut, mais un Fauvar a une constitution solide. Néanmoins, il paraît troublé et a un léger spasme. L'humain se tient à quelques pas en face et semble entretenir une discussion avec une personne invisible. Il a la main droite à son oreille et parle d'une voix suave avec un léger ricanement.


– Oui, ça va, ne t'inquiète pas Tenjie. Je contrôle, il faut juste que j'arrive à repartir. Ce fichu anneau m'a lâché en pleine nature sauvage. Le spécimen que j'ai sous les yeux n'a pas l'air commode. Dès que j'en ai l'occasion, je disparais.


Fland récupère, se relève, se secoue et avance d'un pas décidé vers l'individu qui tente de calmer la situation. Celui-ci ne semble pas chercher le conflit, de toute façon, il n'a pas l'avantage physique.


– Ok, on peut discuter. Je ne suis pas une menace, je réactive mon anneau et je pars. Demande l'individu en implorant presque pour sa vie.


– Va-t’en, humain ! Ce n'est pas ton monde ici ! Grogna Fland en s’efforçant d'être compréhensif, il ne maîtrise pas bien la langue humaine de ce monde.


– Oui, Tenjie ? Quoi, tu es sérieuse ? Je ne fais pas le poids contre lui. C'est du suicide ce que tu proposes. Répondit l'humain à son mystérieux interlocuteur, tout en ignorant Fland.


– Je te dis de partir ! Tu es sourd ?! Grogna de plus belle, Fland qui commençait à perdre patience.


– Si c'est le seul moyen, alors soit. L'étranger hausse les épaules, stoppe sa conversation à distance et marche vers Fland tout en décrochant de son dos, un étrange et grand anneau orange et bleu.


– Je t'aurais prévenu. Au nom du clan des « griffes de rages », tu vas payer pour ton impertinence. Grogna Fland passablement irrité et sortant ses griffes pour en découdre avec l'effronté.


Fland attaque le premier d'un coup de patte droite, mais l'autre esquive en pivotant son buste. Son anneau ripe sur la peau du fauve et un poing serré orné d'une plaque tente de frapper Fland au crâne. Cependant, il perçoit le mouvement et réplique très vite en agrippant au col son adversaire avec sa patte gauche. L'humain décolle du sol et se voit propulser qu'un coup de patte postérieure sur le torse.

L'anneau lui échappe des mains et se met à léviter à l'horizontale entre les deux combattants. Son propriétaire tend la main tout en se relevant avec difficulté. Fland balance ses bras en arrière et les ramène, ce n'était qu'un échauffement.

Toutes dents et griffes dehors, il charge l'imprudent en ne se souciant guère de l'objet planant à quelques mètres. D'une pression de main, l'homme fait tourner à distance l'anneau à la verticale. Celui-ci s'immobilise et s'active à l'approche de Fland. Un liquide bleuté et brillant apparaît au centre et des triangles s'illuminent sur les contours.


Le noble Fauvar sent son énergie le quitter pour partir vers l'objet. Il résiste, le saisit et tente de le briser en deux tout en évitant de perdre son calme.

Le jeune être-humain se téléporte alors en un éclair pour récupérer son bien. Ses bras doublent de volume pour lui offrir plus de force. Au contact des deux adversaires, une hallucination ou vision d'un autre temps apparaît devant les yeux de Fland. Son adversaire à l'air d'avoir vu la même chose. Fland se sent en train de se transformer sans l'avoir voulu, tandis que l'autre tente de résister à la pression.

La brève vision montre un être spectrale en habits blancs éclatants. Il tend les mains à un Fauvar semblable à Fland et à un humain tout de noir vêtu, aux bras et à la tête nus. Ces deux individus rassemblent beaucoup à Fland et son adversaire. Sous le coup de la surprise et de l'étonnement, Fland laisse échapper un « Grand-père ? ».

Le contact se brise et ils sont tous les deux propulsés en arrière. Le jeune récupère son anneau et prononça : « On en discutera en meilleurs termes » avant de disparaître dans un nuage de poussière.


Fland redevient normal, mais des Fauvars ont été témoins de la scène. Fland a éveillé par instinct sa deuxième forme. Il ne sait pas trop ce qu'il s'est passé, ni ce qu'il a vu, mais il comprend qu'il devra un jour partir à l'aventure pour prouver sa valeur auprès de son peuple et de Taïga. Le monde dans lequel il vit est le sien, mais, une autre voie « s'ouvre » devant lui. Il a la possibilité de trouver un combat à sa hauteur et pourra utiliser la forme extrême. De plus, il a des questions auxquelles son grand-père, Flavron n'a peut-être pas toutes les réponses.


Plus de deux mois se sont écoulés depuis la rencontre avec l'étranger. Entre temps, Fland a pu finir sa formation et assister à sa cérémonie de passage. Pendant celle-ci, son grand-père Flavron, et son père Fresno, lui ont transmis une part de leur énergie de Fauvars de seconde classe. Fland a donc accès au mode Extrême et porte désormais un drapé bleu à la ceinture en signe de son statut de Fauvar d'élite. Fland a fait le serment d'accomplir en moins d'un an, une épreuve digne de lui, soit gagner un combat à hauteur des plus forts, des élites. Il rendra le clan des Griffes de rage et sa famille fière de lui.


Dans la forêt, un groupe de Fauvars est en train de chasser. Il s'agit de Fland et de trois camarades. Soudain, ils entendent des rugissements. Ce sont ceux d'un Fauvar mêlés à ceux d'un autre félin, il s'agit sûrement d'un affrontement. Les Fauvars s'approchent prudemment et croisent un groupe de cinq chasseurs humains en train de fuir. Ceux-ci sont armés et à leur rencontre, les menacent. Les hommes pensent que les fauves sont venus aider leur camarade contre leur ami qu'ils nomment « le lion ».

Fland en tentant de résonner les humains, parvient à faire comprennent que le combat n'est qu'entre les deux félins et personne d'autre. Chacun devra repartir dans son village, pendant qu'il ira observer la scène. Ce n'est peut-être pas le combat qu'il recherche, mais il attise sa curiosité.

Les hommes n'aiment pas recevoir d'ordres, mais acceptent quand même de le laisser faire à condition que celui-ci n'intervienne pas. Fland le jure et les deux groupes rebroussent chemin. Un Fauvar, avant de rejoindre ses compagnons, souhaite bonne chance à Fland en heurtant le poing gauche à la paume droite. Fland lui rend son salut et s'engouffre alors dans les bosquets. Les rugissements redoublent et des bruits de lames et de griffes viennent s'y mêler.


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Lame37
Lame37

Loup breton parmi les hommes, rêveur, écrivain en herbe et critique amateur. "Les paroles s'envolent et les écrits restent ; les rêves se vivent et la vie nous échappe." N'hésitez pas à jeter un coup d'œil à mes œuvres : http://www.encre-nocturne.com/t1576p30-pages-jaunes-nocturniennes#56180

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