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Shadows (chapitres 3 à 5)

  • Par Lame37
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Chapitre 3 : Affrontement entre félins


Dans une forêt très dense, au cœur d'une clairière non-naturelle, où quelques arbres abattus jonchent le sol, un violent affrontement a lieu. Il oppose deux félins et semble devoir durer jusqu'à la mort d'un des protagonistes. Les deux animaux sont anthropomorphes et chacun possède son propre style de combat.

L'un ressemble à un puma, mais avec un pelage très sombre. Il est très musclé, sa peau est striée de veines. Il est grand de près de deux mètres et paraît sans âge. Il porte des habits ternes en lambeau qui devaient à l'origine être bleus. Ses yeux sont complètement blancs et rien ne semble arrêter sa rage et sa colère dévastatrices. Ses griffes et ses dents sont sorties et portent des traces de sang. Il ne paraît pas essoufflé, ni fatigué, mais dégage une énorme quantité d'énergie. Une sorte de fluide violacé parcourt tout son corps et le rend plus fort à chaque coup. Il riposte par des frappes de griffes et de terrifiantes déflagrations contre les attaques de son ennemis.

L'animal plein de haine a quelques blessures, mais ce n'est rien comparé à son adversaire qui n'est apparemment pas à son avantage. En effet, celui-ci est plus petit et plus chétif. Il ne mesure qu'un mètre soixante-cinq avec de légers muscles. Son corps est recouvert de griffures plus ou moins profondes, mais il ne semble pas vouloir abandonner. Il a l'apparence d'un jeune lion de couleur marron clair et porte une sorte de pagne en peau. Son aspect sauvage pourrait le faire confondre avec son homologue adverse. Cependant, il se démarque par son agilité, le fait qu'il utilise une épée courte et que ses attaques à distances sont comparables à des bourrasques de vent.


Projections, hurlements, entrechocs de fer et griffes, du bois et de la roche volent en éclats. La terre et les feuilles sont balayées par les violents coups. Les herbes sont aplaties et le vent souffle fort. Tout en effectuant des esquives et de veines attaques, le “lion” tente de trouver une faille. L'imposance et la robustesse de son adversaire rend la tâche difficile et il perd l'équilibre. Il tombe à terre et l'autre se jette dessus en ne se souciant guère de la lame qui lui entaille le coussinet gauche. Du sang coule, le vent redouble, le jeune guerrier a l'impression que tout est perdu, que ses derniers instants sont venus. Alors qu'il semble perdre espoir, l'autre ricane et lui applique violemment la paume de sa patte valide sur son front. Le félin en mauvaise posture est alors parcouru de spasmes, il tremble et cris de douleur.


Une étrange lueur plonge vers lui et paraît lui traverser la tête. Son esprit, son identité et ce qu'il est sont mis à nue. Le jeune lion revit alors une partie de son passé par l'intermédiaire d'analepses. Il se revoit très jeune, il est seul dans une plaine désertique, il ne sait d'où il vient, ni ce qu'il fait là.

Une tempête se déclare, le sable virevolte tout comme ses origines qui lui échappent. Il crie à la recherche d'aide. Sa voix résonne en échos comme dans une cage sans issue. Après une longue attente désespérée, au loin des individus apparaissent dans ce monde inconnu et perdu. Ce ne sont d'abord des ombres, puis des silhouettes et enfin des êtres encapuchonnés dont les longs habits blancs les protègent de la tempête. Si le « lionceau » n'avait pas crié à travers les éléments, ils ne se seraient sûrement pas aventurés. Lorsqu'ils le voient, ils n'hésitent pas une seconde. Une couverture recouvre entièrement le jeunot. Sa vue s'obscurcit et il sombre à nouveau dans l'inconscience.

Quand il se réveille, il est attaché à des chaînes sur un promontoire en bois avec de part et d'autres diverses créatures. Un vieil homme l'observe attentivement et se rend compte de son réveil. Il décide alors de lui expliquer la situation. L'énergumène s'exprime dans une étrange langue que le lionceau comprend mystérieusement.


– Tu as été récupéré par des marchands d’esclaves et surnommé Léo. Il semble que tu possèdes des pouvoirs liés aux ondes, mais je ne sais pas de quoi il s'agit. Tu viendrais des « Terres Isolées », mais je n'ai jamais vue semblable à toi. Autant dire que tu viens de nul-part !


Un jour, bien une semaine après son arrivée, Léo est vendu à un chef de chasse habitant un village dans le nord, loin des plaines des Terres Isolées. Au village, on lui donne un gîte et de sobres habits faits en peau. Au fil des ans, il grandit au sein d'humains qui ne l’apprécie pas forcément. Il est sous la protection des chasseurs, les habitants ne peuvent donc s'en prendre à lui que verbalement. C'est donc dans un monde qui ne l'accepte guère tel qu'il est, qu'il vit et apprend à éveillé son don.

Celui-ci consiste à faire des attaques principalement à distance de projection, de « bourrasques » et d'ondes. Léo apprend aussi à manier l'épée et à chasser pour le village. Des rumeurs et des bruits courent sur lui, mais il prend l'habitude de ne pas y faire attention. La plupart du temps, ces idées reçues sont infondées et ne l'atteignent pas visuellement. Il garde néanmoins en lui, une rancœur pour ces ignorants et faibles êtres-humains.


Un après-midi, près de dix ans après sa venue, les balivernes s'intensifient et trouvent une source très exploitable. En effet, une bête sauvage d'apparence féline aurait été aperçue dans la forêt, du côté du territoire du village. Hors, les félins habitants dans la plaine de l'autre côté forestier, ne sont pas censés s'aventurer en territoire humain. Étant donné que Léo part des fois chasser seul, alors que des animaux domestiques et des hommes disparaissent mystérieusement, il devient une cible parfaite pour les mauvais dires.

Le chef du village et celui des chasseurs décident d'organiser des battues dans la forêt devenue un secteur dangereux. Léo est assigné à un groupe pour éviter les histoires et une vraie épée lui est donnée. Si les hommes ne trouvent pas la bête dans leur territoire, Léo devra partir. Les villageois mécontents ne pourront être retenus définitivement. Surtout que pour lui, se défendre serait mal vue et risqué. Léo n'aimerait pas devoir s'en aller et agir contre son gré. Même s'il sait qu'il vient des Terres Isolées, il ne partirait pas sans une bonne raison. Il veut certes savoir ses véritables origines, mais pour le moment, il a peur d'être chassé et tué avant d'avoir connu les siens.


Le groupe de Léo s'enfonce alors dans la forêt silencieuse et comme les autres groupes, ils avancent prudemment tout en restant à l’affût. Léo est accompagné de cinq chasseurs armés d'arcs, d'épées et de lances. Tout d'un coup aux abords de la frontière, à l'Ouest du village, des cris se font entendre à quelques mètres. Le groupe surgit alors et découvre la vraie bête sauvage. Il s'agit d'un énorme félin anthropomorphe qui est en train de dévorer deux chasseurs impuissants. Le reste de leur groupe a fui et celui de Léo va pour faire même. Mais Léo n'est pas comme eux, il prend son courage à deux mains et charge l'animal, même s'il sait qu'il ne reviendra probablement pas. Il a la possibilité de prouver à tous qu'on peut lui faire confiance, de retenir le fauve et de monter qui est le vrai sauvage, criminel.


Au moment où le Léo en souvenir fonce sur son adversaire, le Léo actuel rompt le contact imposé. Il parvint à envoyer l'autre félin vers quelques arbres qui éclatent au passage. Léo a repris ses esprits, s'est libéré de ses entraves mentales et physiques. Il se rétablit, ressert par nervosité sa poigne sur la garde de son épée et avance d'un pas déterminé. Il en a fini de jouer à perdre et de revivre un passé qui est incomplet.

Son ennemi se relève plus enragé que jamais, il ricane et frappe dans tous les sens. Ses attaques sont plus violentes et rapides, cependant, Léo arrive à tout éviter. On dirait qu'il anticipe à l'avance les prochains coups et mouvements. Ses yeux sont devenus blancs et une sorte de double fantomatique émane de son dos. Il n'est plus le même et agit d'instinct avec l'apparition soudaine qui allonge ses mouvements. Tout se passe très vite, le combat tourne court. L'ennemi à bout de rage, transperce le Léo qui se trouve devant lui, mais un autre lui surgit dans le dos.


Devant ce n'était qu'une émanation utilisée pour faire diversion tandis que le vrai montait du côté dorsal pour asséner un violent coup d'épée. Avec une rapidité surprenante, le sort de l'étrange bête est scellé. La lame lui est plantée dans le crâne et le lui transperce de haut en bas. Il se débat et tente de résister à l'inéluctable même si la douleur le traverse de part en part. La secousse fait basculer Léo de son perchoir et déraper sur le sol. Le jeune félin retrouve un moment ses yeux normaux, mais la seconde d'après, il repasse en transe, il se relève vite et avance à nouveau.

L'ennemi félin tombe à genoux, mais bouge encore, il arrache l'épée du son crâne et l'envoie se ficher quelques mètres plus loin, entre deux rochers. Il saigne, il ne veut pas mourir, sa coupure se cicatrise assez lentement. Il ne contrôle ni ses gestes, ni sa substance violette. Il tente de se relever malgré la douleur, sa colère n'en est que plus intense et forte. Léo ne se contient plus et charge une ultime fois pour l'achever. Il lui plante ses griffes dans le thorax et perce le cœur de l'animal.


C'est enfin terminé, Léo récupère doucement en essayant de comprendre ce qu'il s'est passé. L'autre individu s'écroule sans vie et du sang se répand abondamment sur le sol fait de terres et feuilles. C'est alors qu'une créature surgit d'un bosquet et vint à la rencontre de Léo. Il s'agit d'autre félin un peu massif qui ressemble au mort. Son pelage est toutefois plus clair, son ton plus amical et ses habits ne sont pas déchirés. Il mesure près d'un mètre quatre-vingt-dix et ses vêtements en tissu sont composés d'une espèce de kimono noir et bleu sans manche avec une ceinture à drapé et de mitaines.


– Bien, tu es venu à bout d'un ennemi puissant ! Tu m'impressionnes... Déclara l'étranger dans un grognement compréhensif en observant le cadavre.


– Vous êtes es là pour le venger, c'est ça ?! Venez dont vous battre si vous l'osez ! Lance Léo sur un air de défit, il a encore envie d'en découdre.


– Quelle ténacité, mais tu n'es plus en mesure de réitérer un tel exploit. Tu sembles oublier que tu viens de tuer un Fauvar, ce n'était pas un adversaire ordinaire. Bien que je sois comme lui, je suis très différent. C'était un Fauvar maudit, la pire espèce qu'y soit, je suis loin d'être semblable et je dispose de tous mes moyens. Ne soit pas aveuglé par la haine ou tu ne vaux guère mieux que lui. Prononça l'animal en témoignant du respect et en auscultant le corps à terre.


– Si vous croyez que vous me faites peur avec vos grands airs. Vous n'êtes peut-être pas assoiffé de chair et de sang, mais vous restez un étranger dans un territoire qui n'est pas le vôtre. Vous n'êtes pas le bienvenu ici. Si vous ne venez pas là pour vous battre, partez avant que les hommes ne reviennent. Intervint Léo toujours sur la défensive, il ne sait pas à qui il a face à lui. Cependant, il n'aime pas cette présence soudaine et impromptue.


– Je ne vais pas me prier, je récupère le corps et je disparais. Cependant, tu parles de terres qui ne sont pas les miennes, mais tu n'y appartiens pas non plus. Si tu évoques les humains, c'est que tu vis parmi eux, mais pour encore combien de temps ? Quand ils ne vont pas voir de cadavre, que vont-ils penser de toi ? Peux-tu vivre éternellement dans un monde qui n'est pas le tien ? Questionna le Fauvar visiblement intéressé par ce qu'il s'est passé et curieux de connaître la suite du chemin du tueur de monstre.


– Vous ne savez rien de ma vie ! Qui êtes-vous pour me donner des conseils ? Je n'ai rien à voir avec vous. Je vis comme je l'entends et personne ne doit me dicter quoi faire. Partez donc avec le corps si ça vous dis, mais laissez-moi décider de ma destinée ! Imposa Léo qui ne voulait rien céder dans un premier temps.


– Loin de moi l'idée de vous entraver. Vivez dont comme bon vous semble, mais sachez que voyager ensemble pourrait nous être profitable à tous les deux. Je suis sûr que nos chemins se recroiseront. Tenez, sûr-ce, je vous dis au revoir et bonne chance. Répondit le Fauvar en arrachant un avant-bras du mort pour le donner à Léo et en s'en allant vers ailleurs.


Puis il disparut en emmenant le corps avant que les hommes ne reviennent. Il laisse seul un Léo un peu perdu par le flot des événements. Il n'est clairement pas unique en son genre. Les Fauvars ne sont donc pas des histoires. Il ne connaît qu'une petite partie de son pouvoir et de nouveau horizons s'ouvrent à lui. Il est peut-être temps de partir à l'aventure et de quitter le village qui de toute façon ne l'acceptera pas avant longtemps. Il sait qu'il n'a pas sa place dans le monde des hommes comme dans celui des Fauvars. Il est résigné à découvrir qu'il est et quel genre de monde il existe au-delà des frontières.


Peu de temps après le départ du Fauvar, les groupes de chasseurs arrivent sur les lieux du combat. Ils découvrent un Léo seul en train de nettoyer son épée. À ses pieds, gît le morceau de bras fraîchement arraché. Quelques traces de sang sont visibles sur le sol et leur piste semble aller vers le territoire des Fauvars. Léo a vécu plus de dix ans à vivre dans un village qui le tolère sans pour autant l'adopter. Son affrontement avec le Fauvar maudit et sa rencontre avec un autre, lui a ouvert les yeux. Il n'a plus sa place ici, il doit s'ouvrir au reste du monde qui l'entoure.

Il sait seulement qu'il vient des Terres Isolées et que pour s'y rendre, il devra passer par plusieurs sentiers difficiles et atteindre une route menant à un grand désert. Mais qu'importe les épreuves qui se dresseront devant lui, il a désormais un nouveau but et il compte bien aller jusqu'au bout. Il porte désormais la peau de l'avant-bras de la bête sauvage comme un trophée. Il lui sert maintenant de fourreau et de souvenir de sa vie passé au sein des hommes en tant qu'animal.


Pendant le trajet, Léo passe devant une ronde de menhirs. Elle a été édifiée en l’honneur d'anciens héros et légendes de ce monde. Chaque grande pierre invariablement disposée représente l'un des nombreux individus morts. Il y a actuellement trois rangées dont la troisième en partant du centre est incomplète. Au milieu des cercles, se dresse le tout premier mémorial qui doit être très vieux du fait de l'usure très avancé de la roche.

Léo s'avance vers la stèle, s'agenouille et se recueille un moment entouré de ces faiseurs d'exploits qu'il pourrait sûrement rejoindre. Puis, après quelques minutes, il se relève et va pour repartir à l'Est vers sa destination. Mais, entre deux pierres, dans un écart horizontal de trois mètres, quelque chose semble l’appeler et l'attire. Il s'agit visuellement d'un trou entouré d'un sombre et étrange liquide.


Le phénomène est suspendu au sol et cache un peu les côtés des deux menhirs gardiens. Celui-ci perturbait déjà Léo pendant son recueillement. Cependant, il avait choisi de ne pas y prêter attention.

Il va pour s’en détourner, car ce n'est pas son objectif principal. Mais une sorte de liane aqueuse l'agrippe à la patte et l’entraîne dans l'accès. Où cela le mène-t-il ? Il ne veut pas savoir, alors il résiste en grognant et en tentant de trancher le lien. Cependant, les efforts sont vains, la prise se resserre et devient que plus grande. Elle augmente considérablement à chaque effort. Bientôt, toute résistance deviens futile et Léo le comprend bien.

Il décide d'affronter l'adversité du nouveau monde. Dans un dernier grognement, il jure qu'il se battra jusqu'au bout, surmontera les épreuves et reviendra chercher ses origines. Il n'aura de repos que lorsqu’il saura qui il est vraiment. Et surtout pourquoi il était là seul, dans un monde qui n'est pas le sien.


Chapitre 4 : Éclaircissements de l'Univers


L'étrange liquide recouvre le trou et devient encore plus envoûtant. Il invite à être traversé et à s'y plonger pour s'y perdre et arriver dans un monde pour le moment inconnu. Une fois le saut, le plongeon fait, l'autre côté de la substance se révèle aussitôt. Il n'y a rien à perte de vue, c'est le vide, le néant. Puis des formes en tout genre de couleurs diverses et très lumineuses naissent de nul-part. Elles tournent, virevoltent dans tous les sens, tantôt lentement, tantôt rapidement. Le phénomène s’accélère et puis s'estompe d'un coup.

L'espace apparaît alors, les étoiles et les roches vont et viennent. Un soleil brûlant brille de mille feux. Des planètes et des astéroïdes se mettent à graviter autour. Des cercles, des ovales et autres trajectoires se créent. Les mondes et sols semblent de plus en plus proches. Et puis c'est l'explosion, le “big-bang”, les caprices de l'espace. Des gravats et débris sont dispersés dans un grand bruit. Ils partent dans toutes les directions pour s'écraser au lointain ou encore dériver pour quelque temps.


Dans ce panorama de constellations, de planètes, de mondes et roches ; une voix calme et posée se fait entendre. Toutefois, l'univers ne s’arrête pas pour autant et montre une bonne partie de ses facettes.


« Une tout autre vision, dimension des choses s'offre à vous. Dans l'espace, le temps n'a plus d'importance, il pourrait se passer une année sans qu'on y fasse attention. Ce qui est intéressant, c'est l'univers qu'il constitue. Il faut donc se demander : l'univers en lui-même, qu'est-ce donc ? Simplement un amas de vide, de poussière, d'étoiles et de roches ? Pas seulement, c'est aussi et surtout des galaxies, des astéroïdes et des planètes. Bien sûr, tout cela possède des tailles et des compositions très diverses. Aucun monde n'est plat, mais peut en contenir ou même être à l'intérieur d'un autre. Qui sait quel est la forme d'ensemble de l'univers et quelle est sa grandeur ?

Chaque parcelle de cet ensemble à son intérêt et chacune à sa façon est unique. Dans l'immensité et l'infinité de possibilités, des mondes peuvent se ressembler, mais il y aura toujours une différence notable. Cette distinction peut se faire de bien des manières : grâce à une végétation importante, une technologie avancée, une civilisation particulière, des animaux ou créatures sauvages majoritaires, un type de sol ou d'atmosphère précis... Il peut aussi y avoir plusieurs choses en même temps, mais il y a très souvent une race (pré)dominante plus ou moins tolérante avec le monde qui l'entoure. »


Une pluie d'étoiles filantes entame son enchantement. Toujours dans l'espace, des amas de pierres se rassemblent pour ne former plus qu'un seul bloc. Puis, il se met à dériver et graviter au grès des ondes spatiales. Une étrange mélopée est perçue au loin et le “chant” du fracas planétaire recommence inlassablement. Tout n'est que construction, anéantissement et puis renaissance.


« Tout semble converger vers un seul but : l’expansion, le progrès. Cependant, des guerres, des distorsions et des catastrophes existent partout et peuvent surgir à tous moments. Ces événements sont pour la plupart aléatoires, intergalactiques ou non, dévastateurs ou mineurs, intempestifs ou dangereux à différents niveaux. Ils peuvent causer de lourds dégâts et intervenir dans le rythme d'évolution du ou des mondes concernés. Ces déferlements, déchaînements peuvent être d'ordres naturels ou déclenchés par quelconques créatures pour diverses raisons. L'impact sera donc un ralentissement ou une poussée de la progression avec des morts et des répercussions plutôt importantes pour les endroits visés.

Un conflit peut éclater d'un moment à l'autre, des destins seront donc amenés à se croiser par la force des événements. Ainsi, même en temps de combats, des relations peuvent naître et des histoires se forger. Des portes intersidérales ou normales s'ouvrent alors, des possibilités multiples se forment tandis qu'à l'extérieur, des mondes s’entre-déchirent. Il peut y avoir des moments de paix, mais ils sont comme toutes choses, éphémères. »


Sur une lointaine planète, la nature commence à apparaître. À un rythme lent ou accéléré, des bactéries naissent, puis évoluent pour devenir diverses créatures. Les possibilités sont immenses : félidés, sauriens, canidés, humanoïdes, élémentaires... Des mondes, dimensions, se créent avec ses civilisations, son atmosphère, ses climats et son environnement.


« À cause de perturbations, certaines personnes pourtant séparées par des années-lumière, que tout opposait, peuvent être amenés à cohabiter. Malgré leurs différences et origines diverses, ces individus ont la possibilité d'être réunis en un seul lieu. En temps normal, cela n'est pas possible. Néanmoins, bien des règles et des frontières sont brisées lors de conflits et catastrophes à échelle planétaire. Seulement, ces rencontres sont assez spécifiques et très rares, si ce n'est pas le cas, elles sont alors forcées.

Quelque chose ou quelqu'un en est donc à l'origine. L'ouverture involontaire d'un portail ou d'une faille dimensionnelle créée de façon naturelle et aléatoire peut en être la source. Mais il peut aussi s'agir d'une action préméditée pour un but connu uniquement du responsable. Les répercussions seront sans précédent : différences et divergences pouvant déboucher sur de nouveaux conflits, alliances improbables ou encore de nouveaux changements de règles. »


Des machines se construisent et des planètes implosent. Des titans cosmiques voient le jour et façonnent l'espace à leur façon. Des mondes disparaissent tandis que d'autres se font plus présents dans la galaxie. Une multitude de végétation et d’éléments foule le sol de diverses planètes. Des armes sont conçues et des monuments édifiés. Des espèces, des générations doivent s'acclimater aux changements en évoluant ou mourir pour préserver d'autres vies.


« Un danger à venir, une guerre en sommeil peut-être la raison de l'intervention d'un individu capable d'abolir certains fondements. Il peut ouvrir des accès pour un but bien particulier, mais seul lui en connaît l'issu et les conditions. C'est le genre d'être qui ne recule pas et qui fait des choix qui sont selon lui nécessaires. Il se contrefiche de la morale, de l'éthique et des conséquences non prévues et qu'il juge secondaires. Il ne s’intéresse qu'à la finalité de ses projets. Il n'a que faire des relations naissantes entre les protagonistes qu'il met en lien. S'ils s'entendent, c'est tant mieux, mais peu important pour lui.

Il faut donc se demander, pourquoi il a voulu faire, fait ou va faire tout cela ? Qu'est-ce qui a pu entraîner cette prise de décision ? Et pourquoi ces gens en particulier ? Sûrement, ne voyait-il pas d'autres solutions et que seuls eux pouvait réussir là où il avait échoué. En effet, s’il leur confit une mission, c'est qu'il a dû déjà essayer de l'accomplir. Il veut donc la tenter avec plus d'individus et de chances de réussite. Il avait sans doute senti les risques et savait que seul, ce serait vain. Cependant, il n'est pas impossible qu'il se trompe sur le déroulement des événements. Cela peut prendre plus de temps que prévu. Alors qu'il pensait bien faire, il peut aussi commettre des erreurs sur les intentions des êtres engagés contre leur volonté. Mais pour lui, le temps et les risques ont peu d'importance, seuls la vie et le résultat comptent. »


Des spectres s'envolent et des véhicules, vaisseaux partent à la conquête de nouveaux horizons ou des étoiles. Des races nouvelles ou hybrides font leur apparition. Des roches entrent en fusion. Des volcans éclatent, des rivières se forment et d'autres caprices de la terre, planète se font ressentir. Des individus se découvrent d'étranges capacités et des souffrances sont engendrées.


« Qui est à l'origine de l'univers, la dimension où nous sommes ? Est-ce un dieu ou autre chose ? Si c'est un être surnaturel, d'où vient-il ? Et de quel dieu parle-t-on, le sens religieux ou autre ? Est-ce un être véritable plus fort et plus puissant qu'un simple mortel ? Ou s'agit-il d'un individu dont on suppose l'existence et dont la légende peut être infondée ou bien irréaliste ?

L'ensemble qui nous entoure est loin d'être manichéen, même s'il y a toujours une lutte incessante entre les concepts que sont le Chaos et le Cosmos. Certains diront que le bien est ce que l'on veut et que le mal est ce que l'on ne prévoit pas. Seulement, le fait d'être plus ou moins le méchant ou le gentil de l'histoire dépend du point de vue des impliqués et aussi de ce qui a été retenu du conflit les opposant. Mais il n'y a pas que cela, il peut aussi y avoir la “vraie” personnalité des gens qui change la donne. Tout dépend de leurs objectifs et des raisons qui les poussent à s'affronter.

Cependant, tout le monde n'a pas forcément la possibilité de savoir la vérité ou préfèrent l'ignorer. Ce n'est donc pas simplement le bien contre le mal, c'est plus compliqué. En effet, il y aura toujours de la noirceur dans la lumière et de la blancheur dans l'obscurité... »


Les derniers mots sont prononcés avec une telle intensité qu'ils paraissent s'enfoncer dans les méandres du silence qui se forme. Le “chant” planétaire, spatiale s'arrête et seul les étoiles brillent encore. Un texte en caractères d'imprimerie défile en vert lumineux : Rapport de Nawol, “briseur” de l'orbe, “sauveur” autodidacte et “entité” ombrageuse.


L'écran assombrit peu à peu et des cliquetis et divers bruits se font entendre. Une musique de jazz s'entame et des pas vont et viennent dans l'habitacle qui se révèle être un vaisseau spatial. Dans cet ambiance futur-rétro, un moteur gronde, une respiration parvient. Une voix féminine et non robotique s'exclame tout en posant diverses affaires sur une petite table ronde.


– Eh, bien, ça c'est du discours ! Qui que soit ce Nawol, il a de l'audace et n'hésite pas à remettre en question certaines théories et règles. Elles forment et dirigent pourtant l'univers, mais lui se permet de montrer leurs faiblesses. Mais bon, ce n'est pas ça pour le moment qui va m'aider à sauver Zac. Lui prend des risque plus grand en s'exposant à des émanations. S'occuper d'un artefact enfoui dans le sol d'un dojo n'est pas une mince affaire. Le mercenaire qui l'accompagne est apparemment un “héros de l'ombre” originaire de la planète Dorinka et un sabreur émérite. Mais il dégage une aura particulière et ne suffira peut-être pas. Ils peuvent ne pas avoir besoin de Fland, mais sait-on jamais. Dorinka est un monde où les combats sont presque omniprésents et un gars fort comme Fland ne sera pas de trop.


La lumière du vaisseaux montre, une jeune femme qui mesure un peu moins d'un mètre soixante-dix et qui a visiblement environ vingt-cinq ans. Elle est de peau légèrement blanche, les cheveux à moitié longs, rouges et argentés et porte une combinaison légèrement bleutée. Elle parait plutôt jolie, de silhouette normale et ne semble pas posséder de capacités hors normes.

Elle a écouté d'un air peu attentif, un exposé sur l’Univers qui l'entoure. Pourtant, elle évolue dedans et démontre qu'elle est loin d'être faible et in-intéressée par sa dimension. Pendant le temps du documentaire, elle se préparait à descendre sur une planète. Un nom apparaît sur un écran du tableau de bord et une voix robotique et stridente se fait entendre.


– Félonse de la constellation du lion. Monde forestier et montagneux. Principalement habitée par des Fauvars.


L'humaine achève de préparer son équipement. Elle a mis une combinaison plus appropriée pour évoluer en terrain hostile, vallonné et à la nature très présente. La tenue est de couleur grise et auréolée de bleu La jeune femme arme aussi une espèce de pistolet au cas où ça tournerait mal et ajuste d'étranges bracelets oranges.


– Bon ma fille, Tenjie, il faut se mettre au boulot. Ce ne sont pas les mâles qui vont tout faire ! Tu sais que l'indépendance c'est sacrée. Même si les combats sont beaucoup une affaire d'hommes, la survie s'est pour celles et ceux qui se manifestent tôt. Je peux intervenir, pourquoi m'en priverai-je ? Qui a dit que la gente féminine ne pouvait pas se battre ? La vie à elle seule est un affrontement à tout instant. Prononce-t-elle tout haut avec assurance sans faille tout en s'affairant.


– Motiver Fland, ne sera pas évident, mais il faut tenter. Nos objectifs peuvent se rejoindre, je cherche un potentiel et supplémentaire allié et lui un moyen d'avoir un adversaire à sa taille et donc un défi de valeur. De plus, je sais où se trouve l'autre félin qu'il a déjà croisé. Cette information pourrait attiser encore plus sa curiosité et son envie de nous donner un “coup de patte”. J'ai pris ma décision de moi-même. Ce n'est plus le moment de reculer. Reprit-elle en prenant une profonde respiration.


– Plus le temps de reculer, maintenant, le plus important c'est la mission de mon compagnon, Zac ! Fland est peut-être une des seules chances pour que ça fonctionne. Zac qui risque d'être en fâcheuse posture. Et pour cela, le fauve pourrait bien être utile. Son énergie et sa force devraient combler le manque de puissance pour extirper l'artefact de là où il est enseveli. Le dojo Siko de Dorinka sera le “théâtre” des événements puisque c'est en son sein qu'aura lieu la récupération. Néanmoins, des combats ont été organisés pour savoir qui mérite l'objet. C'est puéril, seul le sort décidera de qui est digne. Cependant, rien ne m'interdit de m'ajouter à l'équation. Termine-t-elle avant d'appuyer sur quelques touches actionner diverses commandes.


L'arrêt stationnaire-spatiale du module est enclenché et un sas dans le sol s'ouvre au milieu de l'habitacle. Il y a une mince feuille de métal transparente qui sépare Tenjie de l'espace. Une grande planète verte et bleue est en vue. L'impliquée met les deux pieds sur le sas et prononce fort et clair : “Lancement !”. Une lumière jaillit de l'ouverture et une seconde après le vaisseau n'est plus visible. Des formes en tout genre de couleurs diverses et très lumineuses naissent de nul-part et un liquide bleuté apparaît...


Chapitre 5 : Honneurs, règles et convoitises


Le liquide bleuté devient de plus en plus dense. Il s'active et forme comme des vaguelettes. Cette surface bleutée est vraiment étrange et suscite autant la convoitise d'avoir son pouvoir que l'envie d'y pénétrer. En effet, cet élément avec le cercle qui l'entoure permet de voyager d'un monde à un autre en un rien de temps. C'est une porte dont les contours sont parfois invisibles et dont toutes sortes d'individus peuvent en sortir à tout moment.

C'est la journée, autour de ce portail inter-dimensionnel, la vie bat son rythme. Il y a un peu de vent, des marchés sont ouverts et diverses créatures déambulent à travers une ville bruyante et foisonnante. De nouveaux voyageurs débouchent du tunnel inter-monde. L'un d'eux est de peau mate, aux cheveux courts et châtains et mesure un peu plus d'un mètre soixante-dix. Il ressemble beaucoup à un humain, semble âgé d'au moins trente ans et laisse la météo faire son office sur son apparence.

Il possède un ensemble d'habits, ainsi qu'une longue écharpe rouge. Il a aussi une pièce d'armure grise et sombre sur le bras gauche et un sabre pend à sa taille. L'objet est rangé dans un fourreau ocre tenu par une fine partie de métal et relié à une ceinture de même matière mise en travers et faisant la limite entre le haut et le bas de ses vêtements. Le haut composé d'un veston blanc sans manche et d'un genre de tee-shirt noir. Tandis que le bas est constitué d'un large pantalon noir aux rajouts blanc à flammes. Sa tenue le laisse libre de ses mouvements, mais le ralenti un peu. Cependant, se doit être voulu et la raison pourrait bien surprendre.


Il inspire un grand coup. « Que c'est bon de revenir chez soi, même si ce n'est pas pour longtemps. Une fois cela terminer, le devoir m'appellera ailleurs ». Il se dirige ensuite d'un pas assuré vers l'Est en contournant le marché. Il n'aime apparemment pas se mêler à la foule. À quelques mètres, se trouve une grande bâtisse rectangulaire et jaune-bleuté. Il y a deux drapeaux rouges de part et d'autre du large bâtiment. Dessus, en noir, sont représentés deux sabres entrecroisés. Il s'agit très sûrement d'un établissement où les combats et entraînements sont choses courantes. Il y a aussi des gardes aux environs de la porte et des côtés.

Le sabreur monte des marches, salut un garde et ouvre en grand les portes qui se referment violemment derrière lui. Le fracas annonce son arrivé et deux hommes sautent d'un balcon intérieur pour l'accueillir.


– Eh bien Oskan ! Tu n'es pas du genre discret, on dirait. Plaisanta l'un d'eux.


– Le “rônin” daigne enfin à se montrer ! Renchéri l'autre.


La lumière perçant les fenêtres et interstices les révèlent peu à peu. Ils ne se distinguent pas grandement de leur homologue avec une corpulence, couleur de peau et reste d'apparence à peu près pareille. À la place du sabre de leur camarade, l'un porte deux espèces de grandes griffes en métal et l'autre une lame faisant de long deux fois la taille de sa main et accrochée à la ceinture par un anneau servant également de manche. Ils portent des vêtements semblables au sabreur nommé Oskan. Sauf qu'ils n'ont ni l'écharpe, ni les rajouts blanc et rouge. On voit alors mieux le dessin présent sur leurs jambes. Il s'agit d'un dragon blanc, chez eux, c'est le symbole de la pureté, de la sagesse et de la puissance.


– Je vois que les numéros un et deux sont toujours indisponibles. Content de vous voir les frères, le trio de substitution est donc au complet. Les anciens, sont-ils conscients que leur entreprise soit stupide ? Répondit-il sans broncher.


Après les salutations d'usage, une discussion s'engage. Elle traite du fait que les deux anciens, les maîtres du dojo ont eu la bonne idée d'organiser un tournoi pour déclencher le “réveil” d'un artefact. Celui-ci se trouve enterré dans le sable d'une arène abandonnée, propriété du dojo Tosnac.

Les numéros un et deux du top des guerriers du dojo Tosnac étant absent du fait que l'un est porté disparu et l'autre en convalescence, ce sont donc les trois suivants qui les remplaceront. Les représentants du dojo seront alors : en tête Oskan dit le “Rônin Obscur”, puis Klans aussi appelé le “Maître des Fauves” et enfin Kayas ou l'”Adepte du Vent”.

Ils pourraient revendiquer les places vacantes, mais ils ne veulent pas. Oskan n'a obtenu la sienne que pour donner tort à l'arrogance de l'ancien détenteur et les deux frères jumeaux Kayas et Klans n'estiment pas avoir besoin d'être si haut placé. Pour eux, ce ne sont que des titres et il n'y aurait aucun honneur à prendre une position dont le détenteur actuel n'est pas n'est pas en mesure de la défendre.


Les trois compères sont contre l'entreprise mise en place sans leur accord par les anciens. Ils savent que parler aux maîtres n'aboutira à rien. Ceux-ci sont persuadés que la venue d'étrangers sera propice à la révélation de l'artefact qui sommeille. Oskan et les deux autres combattants, ensemble vont s'arranger pour finir vite leur combat.

Ils vont aussi faire en sorte que moins d'énergie s'envolent sur le long terme. Moins l'artefact recevra de l'énergie, plus il prendra du temps à surgir et moins il intéressera ceux qui veulent s'en emparer et le public. Il est aussi convenu que seul Oskan fera des attaques très dépensières.

L'éveil et la découverte de l'objet doivent revenir à ceux qui le méritent et qui jurent par l'honneur et non la convoitise. Une telle chose ne doit pas tomber dans n'importe quelles mains ou griffes qui pourraient être potentiellement mal intentionnées.

Vu où est l'objet, selon eux, il devrait revenir de droit aux membres du dojo dont notamment les deux anciens et les cinq meilleurs. De plus, il est prévu qu'au moins un chasseur d'artefact vienne les aider. Ce genre d'individus est censé respecter un ordre, une règle qui est de remettre le bien à son vrai propriétaire.


Après ce long dialogue, ils décident de se rendre enfin à l'arène où les “festivités” ont déjà débuté depuis quelques minutes. Le bruit se fait de plus en plus fort à mesure qu'ils avancent dans la rue. Les marchés sont désertés et plusieurs étalages sont laissés à l'abandon. Rares sont les vendeurs et les passants encore présent. Une bonne partie de la population de la commune est allée rejoindre l'arène. À quelques mètres, les fracas d'armes, déflagrations et autres coups résonnent. À une entrée divers individus font la queue pour participer ou voir le “spectacle”. Les trois combattants trouvent tout ça ridicule, mais sont obligé pour leur honneur de se mêler aux guerriers, gladiateurs, créatures venues de tous horizons et mondes. Les personnes de l'accueil les reconnaissent aussitôt et les laissent entrer. Ils devront chacun faire un combat d'inhibition pour évaluer leur niveau et avancer dans les classements. En tant que membres d'un même établissement, groupe, ils n'auront pas le droit de s'affronter. Les combats ne doivent pas dépasser dix minutes ou un autre concurrent plus imposant rentre en jeu. L'ensemble dure normalement jusqu'à ce que l'artefact apparaisse ou soit localisé. Et les maîtres ont prévu que l'animation ne devait pas dépasser plus de deux semaines. Il ne faudra donc pas s'éterniser et récupérer le “talisman” dès que possible.


Après quelques recommandations, le trio pénètre et se dirige vers une salle d'armement en attente de leurs tours. Les deux frères sortent leurs armes de leurs vêtements et commencent doucement à se chauffer. Klans décroche ses deux grandes griffes de métal étincelantes et Kayas déplie sa lame qui est en fait un grand shuriken. Ils s'étirent et paraissent pouvoir utiliser des capacités hors normes. Oskan de son côté, réajuste son armure de bras et vérifie une dernière fois la lame de son sabre. Puis tout en générant et une boule lumineuse entre ses mains et en jonglant avec, il surveille l'espace de combat. Au sol, des ombres s'allongent et déforment, la terre sablonneuse se soulève un peu et une légère brise se fait ressentir, tandis que l'objet de convoitise reste en sommeil.

Puis à un moment, ils sont appelés à se présenter devant le public. En face d'eux, apparaissent deux colosses bien armés suivi d'un géant à l'œil unique et traînant une masse. Klans et Kayas se positionnant tous deux en directions des individus de taille normale pour laisser le dernier à Oskan. Un combat digne de David contre Goliath ne le dérange pas du moment que les autres ne durent pas longtemps.


Les combattants se rassemblent au centre de l'arène. À peine le signal est donné que l'ennemi de Kayas part en arrière frappé à une vitesse ahurissante par un énorme projectile étoilé fait de métal. Aussi vif que le vent, le lanceur s'est fait faucheur et a ôté le dernier souffle de vie au pauvre guerrier lui étant opposé. Le deuxième colosse est déconcerté par la scène et ne prend pas garde à Klans qui d'une main sur le sol se projette et s'élance dans les airs. Les griffes lacèrent les airs et le costaud demeure immobile et sans vie tandis que le “griffus” repose pieds à terre avec grâce. Sous les coups, du sang a giclé et c'était celui des adversaires des frères. Leurs défis n’ont donc duré à peine plus de trente secondes. Une fois finis, ils retournent en arrière pour laisser le tour d'Oskan.


L'énorme créature se dresse alors seule devant le sabreur et le toise d'au-moins trois mètres. La foule hurle sur le sabreur et ses compagnons. Pour eux, le géant ne va en faire qu'une “bouchée” et il n'y aucun spectacle à finir vite son adversaire. Ils se trompent lourdement sur leurs comptes, le géant devrait trembler s'il savait la différence de niveau qui les sépare.

Le rônin, Oskan sert sa main droite sur la poignée de son sabre qui pend à sa gauche. Et il tend son autre bras poing fermé vers l'ennemi d'un air de défis. Le champion du public a la peau très pale et en guise d'habits, seulement un pagne et de lourds bracelets en fer. Il marche alors vers Oskan tout en traînant sa masse et le fixant de son seul orbite. Mais arrivé à moins d'un mètre d'Oskan, l'arme tombe violemment au sol. Elle a touché une sombre marque d'ombre présente sur le sable. Oskan a ainsi débarrassé son adversaire de son arme pour l'avertir qu'il ferait mieux de renoncer et de déclarer forfait tant qu'il en est encore temps.

La sorte de cyclope se sent offensée d'être ainsi pointé et défié par un bras en armure si fragile et tenu par un être si frêle à son goût. Il ricane, pour lui, ce n'est qu'un vulgaire moucheron et il va l'écraser. Il parait peu impressionné et lève une main vers le ciel pour la refermer. Il doit penser qu'il n'aura finalement même pas besoin de son arme, pour lui, ses poings suffiront. Puis il abat son poing sur l'humain qui ne sourcille même pas.


Au moment où l'épaisse main va pour cogner son bras défiant toujours l'adversité, Oskan ouvre enfin sa main et commence à sortir sa lame de son fourreau. Le sabreur crie alors bien haut : “STOP !” et le monstre ne semble plus bouger. Tout se fige autour d'eux, le vent, les oiseaux, le public. Il n'y a plus un bruit, plus rien ne parait se mouvoir. Tout se passe à peine une minute qui parait une éternité.

Seul quelqu'un évoluant au même rythme que le rônin pourrait voir et comprendre ce qu'il se passe. La lame fait des mouvements dans le vide et Oskan commence à marcher entre les jambes du titan. Pas un souffle ne parvient, le sabreur ne parait pas fatigué. Il a dû dépenser moins de cinq pour-cent de son énergie. Il range son sabre et tout en avançant, il prononce calmement un récité qui résonne comme un mantra mortuaire.


« À trop croire en ta puissance,
Tu as sous-estimé ma chance.
Tu me pensais faible et toi fort.
À la fin, c'est toi qui as eu tort.

Le temps s'est estompé un instant.
Ta vie s'est stoppée à ce moment.
Sans faillir, ma lame traversa.
Et sur le sable, ton sang coula.

Tel était ton funeste destin.
Tu t'étais écarté du chemin.
Depuis, la mort réclamait son dû,
Et tu as payé en temps voulu. »


Un bruit sourd retenti et les personnes découvrent la scène. Leur favori tombe lourdement sur le sol, le dos couvert de marques qui luisent au soleil. Dans un coin, Oskan avance sans un mot, ni un regard à la foule stupide. Il redresse la masse qui gisait toujours sur le sable et d'un seul coup de poing, l'explose en mille morceaux. Puis, il revient vers ses camarades et sans se retourner prononce bien haut en levant le poing : « Que cela vous serve de leçon ! Le talisman ne sera pas au premier venu ! »


À son retour, ses amis le félicitent tandis que les combats reprennent sous les yeux attentifs des trois maîtres d'arts et armes.


– Beau boulot ! Ça, c'était de la démonstration ! Tu les as estomaqués ! Prononcèrent Klans et Kayas en cœur comme un seul homme.


Puis un curieux individu surgit de nulle part de derrière une colonne. Il est vêtu de noir et orange avec un halo bleuté. Il est athlétique et grand d'environ un mètre soixante-cinq. Il porte une capuche cachant presque entièrement son visage. Ses bras sont recouverts d'une substance noire bleutée et il porte d'étranges bracelets orange sur les avants bras et des plaques aux mains. Il abaisse son cache-visage qui montre un jeune d'apparence humaine et de couleur bronzé, métisse. Il a les cheveux bruns très court et parait avoir moins de vingt-cinq ans terriens.


– Belle prestation que voilà. C'est digne d'un héros de l'ombre tout cela ! Vraiment, on ne peut pas te rater à moins d'être un ignorant sans deux sous de jugeote. Plaisanta l'étranger en tapant dans ses mains. Ses affaires métal résonnant aux entrechoquements.


– Qui êtes-vous ? J'espère que pour vous que vous avez une bonne raison de nous importuner. Lui lança Oskan d'un ton menaçant.


– On se calme, les pros d'arts-martiaux ! Je suis un chasseur d'artefact et j'ai été contacté pour vous aider. Je me nomme Zac, maintenant si vous le permettez, j'ai un combat à faire. On discutera mieux une fois tout cela terminé et l'objet rendu à qui de droit. Répondit et ponctuant l'interrogé imprudent.


Il traverse alors l'étendue de sable pour rejoindre le centre de la place d'affrontement. En face, apparaît une créature féline dont les membres sont enchaînés au sol. L'être sort littéralement du sable par le moyen d'une trappe avec un système d'élévation. L'étrange animal mesure près d'un mètre soixante-quinze avec des muscles légèrement plus massifs que ceux du dénommé Zac. Son corps est recouvert de griffures plus ou moins profondes, signe d'un récent combat et porte aussi une marque à l'œil gauche, mais ne semble pas être borgne pour autant. Il a l'apparence d'un jeune lion de couleur marron clair et porte une sorte de pagne en peau. Une épée courte dans un fourreau en peau de couleur brunâtre se balance à sa tunique. C'est sans nul doute Léo qui avait traversé un portail et avait dû se faire capturer à l'arrivée.


Les chaînes sautent d'un coup sous la précision de force du lion et un double fantomatique surgit dans son dos. Il a l'air de posséder un curieux pouvoir qui ne semble pas étonné Zac. Celui-ci a juste le temps de blaguer : « Tout doux le gros chat. On t'a dopé contre ton gré et tu n'as pas l'air à l'aise. On peut discuter, je peux peut-être même t'aider. » Mais déjà le fauve lui fonce dessus toutes griffes dehors. Zac décroche l'anneau de son dos et l'envoie à ras du sol vers le centre de la piste avant de faire face à son nouvel adversaire. « Encore un félin, je vais m'éclater. C'est Show Time ! » Les deux guerriers chargent l'un vers l'autre, qui va l'emporter ? Aucun n'a l'air de vouloir rigoler longtemps, le choc va être terrible. On sent qu'un grand tournant va avoir lieu...


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Lame37 Loup gris parmi les hommes ; poète, écrivain en herbe et créateur de héros fictifs. Grand rêveur et Breton dans l'âme en recherche d'emploi et de compagnie. Loup Aventurier de la Magie Éternelle N'hésitez pas à jeter un coup d'œil à mes œuvres http://www.encre-nocturne.com/t1576p30-pages-jaunes-nocturniennes#56180

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