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Que Cachent Les Résultats de la SNEP

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Que Cachent Les Résultats de la SNEP

16OCT

Disclaimer:

Ce document n’est pas un appel à investir, ni une recommandation à investir ou désinvestir dans cette société.

Ce point éclairé, j’aimerais aussi ajouter que je ne détiens aucune action dans cette boîte.

Article proposé par le membre " Ksimo " et figure sur son blog

 

Présentation:

La SNEP est société qui a le monopole de fait concernant la fabrication des produits pétrochimiques et spécialement le PVC.

Cette position a permis à l’entreprise de gagner « facilement » sa vie, avoir la possibilité de fixer le prix sans être à la merci des clients, et que ses marges sont plus au moins confortables et prévisibles.

 

Malheureusement, ces dernières années avec une ouverture du marché à l’import, les clients les plus importants ont commencé à chercher les produits chez des fournisseurs qui ont des prix beaucoup plus compétitifs et à qualités comparable.

Ces fournisseurs sont originaires de plusieurs pays, mais ceux selon l’étude du ministère chargés du commerce extérieur ont visé deux grands région/pays fournisseurs l’Union Européen et le Mexique. Ces derniers ont été taxé de façon définitive de 48% et 42% en moyenne.

Cette opération « anti-dumping » a permis à la SNEP d’avoir une hausse spectaculaire de son résultat net qui passe du négatif au positif.

Cette situation a permis un retour au niveau 2011 concernant les indicateurs de rentabilité de la société.

Voyant un peu plus ces résultats, qui sont très bonne à première vue.

Alors comment est-elle la Marge ?

Ici je vais essayer de déterminer une marge brute, en se basant sur la marge entre les ventes et la matière première acheté (dans les documents officiels y a pas de détails sur la répartition des amortissements, delamain d’œuvre directe etc…), mais je crois que cette marge va donner une vision sur la rentabilité brute de la société et sur l’évolution du chiffre d’affaire.

<img  src="https://i62.servimg.com/u/f62/12/84/93/39/s110.jpg" border="0" width="662" height="218" alt="Image hébergée par servimg.com" />



On constate ici que le chiffre d’affaire a connu une vraiebaisse en 2015 (-12.3%) et une hausse en 2016 de 24%.

Cette baisse du chiffre d’affaire n’est pas corrélée à la une hausse comparable des achats, ainsi les achats en 2015 n’ont baissé que de 7.32% (contre une baisse du CA de 12.3%) et ont augmenté en 2016 de 13.1% (une hausse du CA de 24%).

On constat ici que la précession sur les prix de vente a été importante durant 2015, Cette précession s’est un peu relâchéepourpermettreune hausse du chiffre d’affaire en 2016 plus importante que la hausse des prix de la matière première.

Cette hausse des consommations a été moins importante que celle des ventes, ce qui permis à une hausse de la marge plus importante, cette dernière a connu une hausse 66% en 2016 au lieu d’une baisse de 28% en 2015.

Cette hausse de marge, nous donne une vision plus claire concernant la hausse du chiffre d’affaire, on peut en déduire que l’essentielle de la hausse est essentiellement liée à une hausse des prix de ventes et pas une hausse de volume des ventes.

Les ventes ont augmenté de 157’498 KMAD et la marge elle a augmenté de 81’200 KMAD, l’écart entre ces deux chiffres et le résultat de la hausse de la matière première.

Vue qu’on a pas de détail sur les prix d’achats dont bénéficie la SNEP, néanmoins on peut déduire son évolution sur la base de l’évolution de la matière première de la matière première, c’est-à-dire le baril du pétrole (ici on va choisir le Brent qui est l’étalon de pétrole), le graphique ci-dessous va nous donner une vision sur la hausse possible du prix de la matière première, où au moins un indicatif sur la hausse :

Le prix du baril de Brent a baissé en 2016 en moyenne de 15.55% en 2016 par rapport à 2015, si on affecte cette même baisse aux achats, on peut déduire que les 66% de hausses de marge est lié à une baisse de la matière première de 16%, les 42% en moyenne des règles antidumping mis en place, ce qui ne laisse qu’une évolution de marge réel de seulement 8% par rapport à 2015.

J’en déduis que l’évolution de la marge n’est pas aussi importante sans des éléments hors contrôle de la société.

On constate que l’impact de la hausse du baril en 2017 a réduit le ratio de la marge de 2% entre 2016 et 2017, Qui passe de 29.44% en 2016 à 27.40% en 2017, et selon l’évolution des prix du baril dans le futur on ne peut que dire que le deuxième semestre risque de faire baisser encore plus la marge.

Sur les autres éléments du compte de CPC, je crois que leurs impacts est marginal, mais le manque d’information plus détailler ne permet pas d’aller plus loin où avoir une idée correcte sur ce les impacts possibles et leurs évolutions.

Que dit le Bilan :

Commençons par les immobilisations :

En partant du constat que la société n’est pas du tout concurrentielle dans un environnement économique ouvert, ce qui a donné naissance à une étude anti-dumping qui a permis de présenter des résultats et des indicateurs à première vue au vert, la question qui se pose c’est que fait le management pour résoudre ce problème.

Dans ce type de situation le management devra augmenter le budget d’investissement pour moderniser l’appareil productive et gagner des points au niveau de la productivité pour pouvoir tirer plein bénéfice de cette situation de protection du marché local de la compétition internationale.

Or je constate que la part des immobilisations corporelles est en baisse, elle passe de 1’310’538 KMAD en 2015 à 1’278’726 KMAD en 2016 et à 1’286’305 KMAD en premier semestre de 2017, dans ces valeurs la part de l’outil productif (compte matériel et outillage) passe de 1’152’597 KMAD (qui a une valeur nette de 117’931 KMAD) en 2015 à 1’139’026 KMAD en 2016 (115’878 KMAD en net) à 1’143’942 KMAD (dont 102’092 KMAD de net).

À la lumière de ces chiffres, on ne peut que déduire que la société n’a pas un programme d’investissement ambitieux qui va lui permettre de gagner un avantage technologique et qui lui permettra d’être plus compétitive vis-à-vis des autres producteurs internationaux.

Et les stocks ? :

Le tableau suivant représente l’évolution du stock de la société :

<img  src="https://i62.servimg.com/u/f62/12/84/93/39/s210.jpg" border="0" width="585" height="92" alt="Image hébergée par servimg.com" />


Il faut noter que le stock a passé de 145’326 KMAD en fin 2016 à 156’552 KMAD en premier semestre de 2017, ce qui a deux significations majeurs à mon avis :On peut constater que la valeur nette du stock évolue selon l’évolution des achats ce qui est normale. Mais ce qui un peu inquiétant sur ce stock c’est l’évolution de la valeur de la provision du stock qui passe de 16’300 KMAD en 2015 à 16’903 KMAD et à 19’469 KMAD en premier semestre de 2017 (soit une perte de 2’566 KMAD lié à la perte de valeur du stock en un semestre).

1- l’impact de la hausse des prix de la matière première est toujours en stock où au moins une partie y en est toujours ;

2-le risque que la provision du stock augmenteest bien réel, due au vieillissement de certains éléments de ce dernier.

Where is the cash ?

On sait que la santé financière d’une société se mesure par sa capacité à générer du cash, où pour être plus clair, combien elle a dans son compte en banque.

Le tableau ci-dessous représente les différentes positions de trésorerie de la société :

<img  src="https://i62.servimg.com/u/f62/12/84/93/39/s310.jpg" border="0" width="562" height="259" alt="Image hébergée par servimg.com" />


Ce qui relève un problème encore plus crucial pour la vie de l’entreprise,c’estl’équilibrebilancieldesdifférentscomposantsdubilandelasociété.Malgré l’amélioration de la trésorerie de l’entreprise durant 2016 et le premier semestre de 2017, cette dernière reste fragile, car l’essentiel de la trésorerie positive c’est des chèque et effets en portefeuille donc des positions pas encore liquide.

Cette situation négative et récurrente du poste de trésorerie relève un déséquilibre important concernant le fond de roulement de la société, ainsi en se retrouve devant une société qui a un fond de roulement négatif.

Ce qui me permet de dire que la société est sous-capitaliser de façon chronique, c’est vrai que la situation s’est améliorée dernièrement mais c’est le résultat des bénéfices dégager en 2016 et du premier semestre 2017, ce qui ne change rien dans la situation critique du niveau des capitaux propres de la société.

Concluons

La société représente un cas d’école pour les sociétés qui ne peuvent pas survivre sans protection, dans le court et moyen terme (dans une vision qui dépasse une année mais inférieur à 5 ans), la société va bénéficier au maximum des taxes anti-dumping, ce qui va lui permettre de dégager des résultats positives, que j’espère qu’ils seront utilisés dans un programme de modernisation de l’outil industriel pour lui permettre d’être compétitive sur le marché international d’une part et le plus important de renforcer ses fonds propres pour pouvoir tout simplement survivre de ses propres moyens pas financer le long terme par le court terme comme c’est cas aujourd’hui.

Le risque le plus important dans cette période c’est la hausse du baril de pétrole qui aura un impact direct sur le résultat de la société, chose qui risque fort de se réaliser surtout avec la possibilité de l’extension de la réduction de la production des pays membres de l’OPEC et non OPEC (essentiellement la Russie).

L’impact sur le long terme, c’est une procédure d’arbitrage des exportateurs envers le Maroc à l’OMC, cette situation est un risque important pour la société car elle risque d’annuler la protection de facto dont bénéficie la société.

Pour finir, les résultats positive seront au rendez-vous dans le court terme, mais rien ne garantit leur stabilité ni leur continuité car ils ne sont pas le résultat d’effort de la société, mais seulement d’une conjoncteur favorable que la société n’a pas moyen de contrôler.

Publié sur www.bourse-maroc.org avec l'accord du contributeur.


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