Main photo Luisa Piccarreta Tome 3 - Partie 2

Luisa Piccarreta Tome 3 - Partie 2

  • Par Emmanuel
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6 janvier 1900

Ce matin, j'ai reçu la communion. Me retrouvant avec Jésus, j'ai aussi trouvé la Reine Maman. Et quelle merveille: en regardant la Mère, j'ai vu son Coeur transformé en Jésus bébé; j'ai regardé le bébé et j'ai vu la Mère dans son Coeur. Alors je me suis souvenue que c'était la fête de l'Épiphanie. À l'exemple des saints rois mages, j'aurais voulu offrir quelque chose à Jésus bébé. Mais je n'avais rien à lui donner.

Alors, à travers ma misère, la pensée me vint de lui offrir, comme myrrhe, mon corps avec toutes les souffrances des douze années pendant lesquelles j'avais été alitée, prête à souffrir et à continuer aussi longtemps qu'il le désirerait. Comme or, je lui offris les douleurs que je ressens quand il me prive de sa présence, ce qui est pour moi la chose la plus souffrante et la plus douloureuse. Comme encens, je lui offris mes pauvres prières en les unissant à celles de la Reine Maman, afin qu'elles soient plus acceptables pour Jésus bébé.

J'ai fait mon offrande dans la confiance totale que l'Enfant allait l'accepter. Cependant, il me sembla que même si Jésus acceptait ma pauvre offrande avec grand plaisir, ce qu'il aimait le plus était la confiance avec laquelle je l'offrais.

Il me dit: «La confiance a deux bras. Avec le premier, on embrasse mon Humanité et on en use comme d'une échelle pour s'élever jusqu'à ma Divinité. Avec l'autre, on embrasse ma Divinité et on obtient d'elle des torrents de grâces célestes. Ainsi, l'âme est tout inondée par l'Être divin.

«Quand l'âme a confiance, elle est sûre d'obtenir ce quelle demande: je garde mes Bras attachés et je laisse l'âme faire ce qu'elle veut. Je la laisse pénétrer plus profondément dans mon Coeur et je la laisse y prendre ce qu'elle m'a demandé. Si je ne faisais pas ainsi, je me sentirais dans un état de violence vis-à-vis de l'âme.»

Comme il disait cela, de la Poitrine de l'Enfant (ou de la Poitrine de la Mère) venaient des courants de liqueur (mais je ne sais pas exactement comment nommer ce que j'appelle ici liqueur) qui inonda toute mon âme. Puis la Reine Maman disparut.

Par la suite, l'Enfant et moi allâmes dans la voûte des cieux. J'ai vu sa charmante Figure attristée. Je me suis dit en moi-même: «Peut-être désire-t-il les caresses de la Reine Maman.» Je l'ai pressé fortement sur mon coeur et Jésus bébé prit un aspect jubilant. Qui pourrait dire ce qui se passa alors entre Jésus et moi? Je n'ai pas la langue pour le manifester ni les expressions pour le décrire.

8 janvier 1900

Je me disais intérieurement: «Qui pourrait dire combien d'erreurs et de bévues contiennent ces choses que j'écris?» À ce moment, je me suis sentie comme si je perdais connaissance et Jésus béni vint et me dit: «Ma fille, même tes erreurs aideront à faire comprendre qu'il n'y a aucune tromperie volontaire de ta part et que tu n'es pas un docteur (car si tu en étais un, tu saurais où tu erres). Elles rendront encore plus clair que c'est moi qui te parle -- du moins pour ceux qui savent voir les choses simplement. Mais je t'assure qu'ils ne trouveront pas une ombre de vice, ni rien qui ne dise "vertu" car, quand tu écris, moi-même guide ta main. Tout au plus, ils pourront trouver quelque chose qui, au premier regard, semble erroné, mais qui, s'ils regardent de plus près, correspond à la Vérité.»

Ayant dit cela, il disparut. Quelques heures plus tard, alors que je me sentais toute perplexe et mal à l'aise relativement à ce qu'il m'avait dit, il revint et ajouta: «Mon héritage est fermeté et stabilité. Je ne suis sujet à aucun changement. Plus une âme s'approche de moi et avance sur le chemin de la vertu, plus elle se sent ferme et stable dans le bien; d'autre part, plus elle est loin de moi, plus elle est sujette à osciller entre le bien et le mal.»

Texte non daté

Alors que je me trouvais dans mon état habituel, mon aimable Jésus se montra à moi dans un état lamentable. Ses Mains étaient attachées solidement, sa Face était couverte de crachats, et il y avait plusieurs personnes qui le giflaient copieusement. Quant à lui, il était calme et tranquille, sans bouger et sans proférer une seule plainte. Il ne bougeait même pas une paupière, montrant ainsi qu'il voulait souffrir ces outrages, non seulement extérieurement, mais aussi intérieurement. Quel spectacle émouvant, capable de briser les coeurs les plus durs! Combien de choses me disait cette Face souillée de boue et de dégoûtants crachats! J'étais frappée d'horreur. Je tremblais. Je me suis vue toute remplie d'orgueil comparativement à lui.

Il me dit: «Ma fille, seuls les petits se laissent traiter comme on le veut; pas ceux qui sont petits en raison humaine, mais ceux qui sont petits et remplis de raison divine. Je peux dire que je suis humble, mais ce qui est appelé humilité chez l'homme devrait être appelé connaissance de soi. Celui qui ne se connaît pas lui-même marche dans la fausseté.»

Puis, pendant quelques minutes, il fut silencieux. Je le contemplais. Et j'ai vu une main munie d'une lumière qui cherchait en moi, dans les endroits les plus intimes et cachés, pour voir si on pouvait y trouver la connaissance de soi et l'amour des humiliations, de la confusion et de la disgrâce. La lumière trouva un vide en mon intérieur et j'ai vu que cet endroit aurait dû être rempli d'humiliations et de confusion, suivant l'exemple de mon Jésus béni.

Oh! combien de choses cette lumière et cette attitude sacrée de Jésus me firent comprendre. Je me suis dit en moi-même: «Un Dieu humilié et confus pour mon amour; et moi, une pécheresse privée de ces marques de distinction! Un Dieu stable et ferme qui, devant tant d'injustices, ne bouge même pas pour se défaire des crachats dégoûtants qui couvrent son Visage. Ah! s'il voulait rejeter ces souffrances, ces outrages, il pourrait parfaitement le faire! Je comprends que ce ne sont pas les chaînes qui le retiennent dans cette situation, mais sa Volonté stable qui veut sauver la race humaine quelqu'en soit le prix! Et moi, où sont mes humiliations? Où est ma fermeté et ma constance à travailler par amour pour Jésus et mon prochain! Oh! quels êtres dissemblables nous sommes Jésus et moi!»

Pendant que mon petit cerveau se perdait dans ces pensées, mon adorable Jésus me dit: «Mon Humanité fut submergée par la disgrâce et l'humiliation, au point de débordement. C'est pourquoi, devant mes vertus, le Ciel et la terre tremblent et les âmes qui m'aiment usent de mon Humanité comme d'une échelle pour atteindre quelques reflets de mes vertus.

«Dis-moi: comparativement à mon humilité, où est la tienne? Moi seul peux me glorifier de posséder une vraie humilité. Unie à ma Divinité, mon Humanité aurait pu faire des prodiges à chaque pas, en paroles et en actes, mais, volontairement, je me suis restreint aux bornes de mon Humanité, je me suis montré le plus pauvre, j'ai été jusqu'à me confondre avec les pécheurs.

«J'aurais pu accomplir la Rédemption dans un temps très bref, et même d'un seul mot. Mais, pendant de longues années, avec tant de privations et de souffrances, j'ai voulus faire miennes les misères de l'homme. J'ai voulu m'adonner à de nombreuses et diverses actions pour que l'homme puisse être renouvelé et divinisé, même dans ses plus petits travaux. Portés par moi qui était Dieu et homme, ces travaux humains reçurent une nouvelle splendeur et furent marqués du sceau de la Divinité.

«Dissimulée dans mon Humanité, ma Divinité descendit aussi bas que de se mettre au niveau des actes humains, alors que, d'un simple acte de ma Volonté, j'aurais pu créer un nombre infini de mondes qui auraient transcendé les misères et les faiblesses de cette humanité! Devant la Justice divine, j'ai choisi de voir mon Humanité recouverte de tous les péchés des hommes pour lesquels j'ai eu à expier par des douleurs inouïes et en versant tout mon Sang! Ainsi, j'ai accompli des actes continuels d'humilité héroïque.

«La grande différence entre mon humilité et celle des créatures qui, devant la mienne, n'est qu'une ombre -- même celle de mes saints --, c'est que les créatures sont toujours créatures et ne connaissent pas comme moi le vrai poids du péché. Bien que certaines âmes furent héroïques et que, à mon exemple, elles se soient offertes pour souffrir les peines des autres, elles ne sont pas différentes des autres: elles sont faites de la même glaise.

«La simple pensée que leurs souffrances sont la cause de nouveaux gains pour elles, et qu'elles en glorifient Dieu, est un grand honneur pour elles. De plus, les créatures sont restreintes au cercle où Dieu les a mises; elles ne peuvent aller hors des limites de ce cercle. Oh! s'il était en leur pouvoir de faire et de défaire, combien d'autres choses ne feraient-elles pas. Chacun atteindrait les étoiles! Au contraire, mon Humanité divinisée n'avait aucune limite. Cependant, elle s'est restreinte aux limites humaines afin que toutes ses Oeuvres soient tissées d'humilité héroïque.

«Le manque d'humilité de l'homme fut la cause de tous les maux qui ont inondé la terre. Et moi, par l'exercice de cette vertu, je devais attirer sur les hommes tous les biens de la Divinité. Aucune grâce ne quitte mon Trône, si ce n'est à travers l'humilité; aucune requête ne peut être reçue par moi, si elle n'a pas la signature de l'humilité. Aucune prière n'est entendue par mes Oreilles ni n'émeut mon Coeur à la compassion, si elle n'est pas parfumée d'humilité.

«Si la créature ne va pas jusqu'au bout pour détruire en elle cette recherche des honneurs et l'estime de soi (ce qu'on détruit en aimant être haï, humilié et confondu), elle sentira autour de son coeur comme une tresse d'épines, et elle aura un vide dans son coeur qui l'ennuiera toujours et la maintiendra très dissemblable de ma très sainte Humanité. Si elle n'en vient pas à aimer les humiliations, tout au plus sera-t-elle capable de se connaître un peu, mais elle ne brillera pas devant moi, vêtue du beau et charmant vêtement de l'humilité.»

Qui pourrait dire toutes les choses que j'ai comprises concernant la vertu d'humilité et la corrélation entre la connaissance de soi et l'humilité? Il me semble avoir saisi la distinction entre ces deux vertus, mais je n'ai pas les mots pour l'exprimer. Pour dire quelque chose là-dessus, je me servirai d'un exemple.

Imaginons un homme pauvre qui sait qu'il est pauvre et qui, pour les personnes qui ne le connaissent pas et qui pourraient croire qu'il possède quelque chose, manifeste clairement sa pauvreté. On peut dire de cet homme qu'il se connaît, qu'il dit la vérité et, qu'ainsi, il sera plus aimé. Il attirera les autres à la compassion sur son état misérable. Tous l'aideront. C'est ce que produit la connaissance de soi.

Mais qu'arriverait-il si cet homme, ayant honte de manifester sa pauvreté, se vantait d'être riche, alors que tous sauraient qu'il ne possède même pas les vêtements qu'il porte et qu'il meurt de faim. Tous le haïraient, personne ne l'aiderait et il deviendrait la risée de tous ceux qui le connaissent. Ce misérable homme irait de mal en pis et finirait par périr. C'est ce que l'orgueil produit devant Dieu et devant les hommes. Celui qui ne se connaît pas s'éloigne automatiquement de la Vérité et s'engage sur les chemins de la fausseté.

Il y a une autre forme d'humilité héroïque qui résulte aussi de la connaissance de soi. Imaginons un homme riche, né au milieu du confort et des richesses, et qui est bien reconnu comme tel. Cependant, considérant les humiliations profondes auxquelles Notre-Seigneur Jésus-Christ s'est soumis par Amour pour nous, il devient amoureux de la sainte humilité, abandonne ses richesses et son confort, enlève ses nobles vêtements et se couvre de guenilles. Il vit inconnu. Il ne dit à personne qui il est. Il vit avec les plus pauvres comme s'il était leur égal. Il fait sa joie des mépris et des confusions. On trouve chez cet homme ce qui arrive aux saints qui s'humilient de plus en plus et qui savent que le Seigneur les remplit ainsi de ses grâces et de ses dons.

Dans ces exemples, on voit que la connaissance de soi sans humilité n'est bonne à rien, alors que la connaissance de soi accompagnée d'humilité devient précieuse.

Ah oui! l'humilité attire la grâce, brise les plus fortes chaînes et fait surmonter chaque barrière entre l'âme et Dieu. L'humilité est la petite plante toujours verte et fleurie qui n'est pas sujette à être rongée par les vers et qui ne peut être abîmée ou flétrie par les vents, la grêle ou la chaleur. Alors même qu'elle est la plus petite plante, elle développe les plus grandes branches qui pénètrent dans le Ciel et rejoignent le Coeur de Notre-Seigneur. Seulement les branches qui proviennent de cette petite plante ont leurs entrées gratuites dans cet adorable Coeur.

L'humilité est l'ancre de paix dans la mer des tempêtes de cette vie. L'humilité est le sel qui assaisonne toutes les vertus et préserve l'âme de la corruption du péché. L'humilité est la petite herbe qui pousse près des chemins; elle disparaît quand elle est piétinée mais elle repousse ensuite plus belle qu'avant. L'humilité est cette greffe domestique qui ennoblit la plante sauvage. Elle est la monnaie de la grâce. L'humilité est la lune qui nous guide dans les ténèbres de la nuit de cette vie. L'humilité est le marchand rusé qui sait comment vendre ses biens et qui ne gaspille pas même un sou de la grâce qui lui est donnée. L'humilité est la clef du Paradis où personne ne peut entrer sans elle. L'humilité est le sourire de Dieu et de tout le Paradis et les pleurs de tout l'enfer.

17 janvier 1900

Ce matin, mon adorable Jésus est venu et reparti sans m'avoir parlé. Après, j'ai senti que je quittais mon corps. Le dos tourné, il m'a dit:

«En beaucoup, il n'y a plus de droiture. Ils disent: "Aussi longtemps que les choses continueront de cette manière, nous n'aurons pas de succès dans nos projets. Feignons donc la vertu, prétendons être droits, feignons être de vrais amis; ainsi, il sera plus facile de tisser notre filet et de les abuser. Quand nous arriverons à eux pour leur faire du mal et les dévorer, eux, croyant que nous sommes des amis, tomberont spontanément dans nos mains." Voilà à quel niveau de sournoiserie l'homme peut atteindre.»

Par la suite, désirant de moi une réparation spéciale, Jésus béni sembla m'enlever la vie en me présentant à la Justice divine. De par sa manière de faire, j'ai pensé qu'il me ferait quitter cette vie. C'est pourquoi je lui ai dit: «Seigneur, je ne veux pas entrer au Ciel sans tes marques de distinction. Crucifie-moi d'abord et, ensuite, amène-moi.»

Il transperça mes mains et mes pieds avec des clous. Et pendant qu'il le faisait, à mon plus grand regret, il disparut et je me suis retrouvée dans mon corps. Je me suis dit intérieurement: «Me voilà encore ici! Ah! combien de fois m'as-tu fait cela, mon cher Jésus. Tu as un art spécial pour me faire ce coup: tu me laisses croire que je vais mourir, ce qui m'amène à me rire du monde et des douleurs en me disant que la séparation d'avec toi est terminée, puis, quand j'ai commencé à me réjouir, je me retrouve encore enfermée dans la prison de ce corps fragile. Par suite, oubliant mes réjouissances, je reviens à mes pleurs, à mes lamentations et aux souffrances de ma séparation de toi. Ah! Seigneur, reviens vite, car je suis profondément consternée.»

22 janvier 1900

Après avoir vécu des jours très amers de privation, mon pauvre coeur se débattait entre la peur d'avoir perdu Jésus à tout jamais et l'espérance que peut-être je le reverrai encore. Ô Dieu! Quelle guerre sanglante mon coeur eut à soutenir! Sa souffrance était telle qu'à un instant il gelait et, à l'instant suivant, il était comme sous le pressoir et dégouttait le sang.

Pendant que j'étais dans cet état, j'ai senti mon doux Jésus tout près de moi. Il retira le voile qui me couvrait les yeux et, finalement, j'ai pu le voir. Immédiatement, je lui ai dit: «Ô Seigneur, tu ne m'aimes plus?» Il me répondit: «Oui, oui je t'aime! Ce que je te recommande, c'est la correspondance à ma grâce. Et, pour être fidèle, tu dois être comme l'écho qui se répercute dans l'atmosphère et qui, aussitôt que quelqu'un commence à faire entendre sa voix, immédiatement, sans le moindre retard, répète ce qu'il entend. C'est ainsi que tu dois faire. Aussitôt que tu commences à recevoir ma grâce, sans même attendre que je finisse de te la donner, tu dois immédiatement commencer à faire entendre l'écho de ta correspondance.»

27 janvier 1900

Je continuais d'être quasi totalement privée de mon doux Jésus. Ma vie s'écoulait dans la douleur. Je sentais un grand ennui, une grande lassitude de vivre! Je me disais intérieurement: «Oh! comme mon exil est prolongé! Oh! quel serait mon bonheur si je pouvais dissoudre les liens de ce corps. Ainsi, mon âme prendrait librement son envol vers mon plus grand Bien!» Une pensée m'effleura l'esprit: «Et si tu allais en enfer!» Pour empêcher que le démon ne m'attaque sur ce point, je me suis dépêchée de dire: «Alors, même en enfer, j'enverrais mes soupirs à mon doux Jésus; même là, je l'aimerais.»

Pendant que j'entretenais ces pensées et bien d'autres (il serait trop long de les mentionner toutes), mon aimable Jésus se montra pendant un court temps et, d'un ton sérieux, il me dit: «Ton temps n'est pas encore arrivé.» Dans une lumière intellectuelle, il me fit comprendre que tout doit être ordonné dans une âme. L'âme possède beaucoup de petites chambres, une pour chaque vertu, chaque vertu ayant avec elle toutes les autres, de telle manière que si l'âme semble ne posséder qu'une vertu, celle-ci est accompagnée de toutes les autres. Néanmoins, les vertus sont toutes distinctes et chacune a sa place dans l'âme. Elles proviennent toutes de la Très Sainte Trinité qui, tout en étant une, est formée de trois personnes distinctes.

J'ai aussi compris que chacune des chambres de l'âme est, ou bien remplie par une vertu, ou bien par le vice opposé, et que s'il n'y a ni vertu ni vice, elle reste vide. Il semblait que mon âme était comme une maison qui contient beaucoup de chambres, toutes vides; quelques-unes remplies de serpents, quelques-unes de boue, d'autres sombres. Ah! Seigneur, toi seul peux mettre de l'ordre dans ma pauvre âme!

28 janvier 1900

Le même état persistait. Ce matin, Jésus me transporta hors de mon corps. Après avoir attendu si longtemps, il semblait que, cette fois, je le voyais clairement. Cependant, je me suis vue si mauvaise que je n'osais pas dire un mot. Nous nous regardâmes l'un l'autre, mais en silence. À travers ces regards mutuels, j'ai compris que Jésus était rempli d'amertume, mais je n'ai pas osé lui dire: «Verse ton amertume en moi.»

Il s'approcha cependant de moi et commença à déverser son amertume. L'ayant reçue, je fus incapable de la contenir et je la rejetai sur le sol. Alors il me dit: «Que fais-tu là? Tu ne veux plus partager mon amertume? Tu ne veux plus me soulager dans mes douleurs?»

Je lui dis: «Seigneur ce n'est pas que je ne veux pas. Je ne sais ce qui m'arrive. Je me sens si remplie de ton amertume que je n'ai pas de place pour la contenir. Seulement un prodige de ta part peut agrandir mon intérieur; ainsi, je pourrai recevoir ton amertume.»

Jésus fit sur moi un grand signe de croix et il déversa encore son amertume. Cette fois, il me sembla que j'étais capable de la contenir. Il dit ensuite: «Ma fille, la mortification est comme un feu qui fait sécher toutes les mauvaises humeurs qui sont dans l'âme et qui l'inonde d'une humeur de sainteté, donnant naissance aux plus belles vertus.»

31 janvier 1900

Jésus vint plusieurs fois, mais toujours en silence. Je sentais un vide en moi et de la peine, car je n'entendais pas sa très douce Voix. Revenant pour me consoler, il me dit:

«La grâce est la vie de l'âme. Comme l'âme donne vie au corps, ainsi la grâce donne vie à l'âme. Pour le corps, il ne suffit pas qu'il ait une âme pour maintenir sa vie, il lui faut aussi de la nourriture pour qu'il puisse grandir jusqu'à sa pleine stature. Ainsi, pour l'âme, il n'est pas suffisant qu'elle ait la grâce pour la maintenir en vie, il lui faut aussi de la nourriture pour qu'elle puisse progresser vers sa pleine stature. Et cette nourriture est la correspondance à la grâce. La grâce et la correspondance à la grâce forment une chaîne qui conduit l'âme au Ciel. Dans la mesure où l'âme correspond à la grâce, les maillons de cette chaîne se forment.»

Et il ajouta: «Quel est le passeport pour entrer dans le royaume de la grâce? C'est l'humilité. L'âme qui regarde toujours son néant et qui perçoit n'être rien que poussière et vent met sa confiance dans la grâce qui devient comme son maître. Prenant les commandes, la grâce conduit l'âme sur le chemin de toutes les vertus et lui fait atteindre les sommets de la perfection. Sans la grâce, l'âme est comme le corps départi de son âme qui devient rempli de vers et de pourriture et qui horrifie le regard. Ainsi, sans la grâce, l'âme devient si abominable qu'elle horrifie le regard, non pas des hommes, mais de Dieu lui-même.»

4 février 1900

Ce matin, je me suis trouvée dans un état de grand découragement, spécialement parce que j'étais privée de la présence de Jésus, mon plus grand Bien. Il s'est montré et m'a dit:

«Le découragement est une humeur toxique qui infecte les plus belles fleurs et leurs fruits les plus plaisants. Cette humeur toxique pénètre dans les racines de l'arbre, l'imprégnant complètement, le faisant se dessécher et devenir répugnant. Si quelqu'un ne le guérit pas en l'arrosant de l'humeur contraire, l'arbre s'écroule. Il en est ainsi pour l'âme qui s'imbibe de l'humeur toxique du découragement.»

Après ces propos de Jésus, je me sentais encore découragée, toute repliée sur moi-même, et je me suis vue si méchante que je n'ai pas osé me précipiter vers lui. Mon esprit se disait: «Il est inutile pour moi d'espérer plus longtemps ses visites continuelles, ses grâces, ses charismes comme avant. Tout est fini pour moi.»

Presque en me réprimandant, Jésus ajouta: «Que fais-tu? Que fais-tu? Ne sais-tu pas que le manque de confiance rend l'âme comme moribonde? En pensant qu'elle va mourir, l'âme ne sait comment disposer de la vie, comment acquérir la grâce, comment s'en servir, comment se rendre plus belle ou comment agir pour se guérir de son affaissement.»

Ah! Seigneur, il me semble voir ce fantôme du manque de confiance, malpropre, amaigri, craintif et tout tremblant et qui, de tout son art, sans autre instrument que la peur, conduit l'âme à la fosse. Et ce qui est pire, ce fantôme ne se montre pas comme un ennemi, car alors l'âme pourrait le démasquer; il se montre plutôt comme un ami; il s'infiltre secrètement, feignant d'agoniser avec l'âme et se disant prêt à mourir avec elle. Et si l'âme n'est pas attentive, elle ne saura comment se débarrasser de cette tromperie.

5 février 1900

Alors que je continuais dans le même état, mais avec un peu plus de courage, mon très cher Jésus vint et me dit: «Ma fille, quelquefois l'âme rencontre le vice face à face. Si, rassemblant son courage, elle triomphe de cet ennemi, la vertu opposée devient plus resplendissante et plus profondément enracinée en elle. Mais l'âme doit être prudente afin de ne pas fournir la corde avec laquelle elle peut être attachée, cette corde étant le manque de confiance. Cela se fera en dilatant son coeur dans la confiance, tout en demeurant à l'intérieur du cercle de la vérité, qui est la connaissance de son néant.»

13 février 1900

Ce matin, après avoir communié, j'ai vu mon adorable Jésus, mais dans une attitude toute nouvelle. Il me semblait sérieux, réservé et sur le point de me réprimander. Quel changement dramatique. Au lieu d'être soulagé, mon pauvre coeur se sentit oppressé, transpercé par cette attitude inhabituelle de Jésus. Cependant, comme j'avais été privée de sa présence dans les jours précédents, je sentais un grand besoin de soulagement.

Il me dit: «Comme la chaux a le pouvoir de dévorer les objets qui sont plongés en elle, ainsi la mortification a le pouvoir de dévorer les imperfections et les défauts qui se trouvent dans l'âme; elle va aussi loin que de spiritualiser le corps. Elle se place près de l'âme et y scelle toutes les vertus. Jusqu'à ce qu'elle ait bien dévoré ton âme et ton corps, elle ne pourra pas sceller parfaitement en toi les marques de ma crucifixion.»

Ensuite, on perça mes mains et mes pieds (je ne suis pas sûre qui le faisait, bien qu'il me semblait que c'était un ange). Puis, avec une lance qu'il tira de son Coeur, Jésus perça mon coeur, ce qui me donna une vive douleur. Ensuite, il disparut, me laissant plus affligée qu'auparavant.

J'ai bien compris qu'il était nécessaire que la mortification soit pour moi une inséparable amie, mais que pas même l'ombre d'une amitié avec elle existait en moi! «Ah! Seigneur, attache-moi à la mortification par une amitié indissoluble car, par moi-même, mes manières sont toutes rustiques.»

Ne se voyant pas chaudement reçue par moi, la mortification devient tout respect envers moi; elle me ménage toujours, craignant qu'un jour je lui tourne le dos complètement. Jamais elle ne mènera son majestueux travail à son achèvement car, aussi longtemps que nous serons à couteaux tirés, ses mains prodigieuses ne m'atteindront pas pour travailler sur moi et me présenter devant Jésus comme un digne travail de ses saintes mains.

16 février 1900

Ce matin, après avoir renouvelé en moi les douleurs de la crucifixion, Jésus me dit: «Par le bon air ou le mauvais air qu'une personne respire, son corps est purifié ou infecté. La mortification doit être l'air de l'âme. Par l'air que l'âme respire, on reconnaît si elle est saine ou malade. Si une personne respire l'air de la mortification, chaque chose sera purifiée en elle; tous ses sens sonneront d'un même son concordant. Mais si elle ne respire pas l'air de la mortification, tout sera discordant en elle; elle aura une haleine répugnante. Pendant qu'elle domptera une passion, une autre se lèvera. Sa vie se déroulera comme un jeu d'enfant.»

Il me sembla voir la mortification comme un instrument de musique, qui, si ses cordes sont toutes bonnes et fortes, produit un son harmonieux. Mais si ses cordes ne sont pas de bonne qualité, alors on doit en ajuster une, puis une autre, et ainsi sans cesse, de sorte qu'on doit toujours ajuster l'instrument sans jamais pouvoir en jouer. Et si on essaie d'en jouer, on n'entend que des sons discordants.

19 février 1900

Ce matin, mon adorable Jésus est venu et m'a transportée hors de mon corps. J'ai vu beaucoup de personnes en action, mais je ne peux dire si c'était la guerre ou la révolution. Pour ce qui est de Notre-Seigneur, les gens ne faisaient que lui tresser des couronnes d'épines. Pendant qu'avec soin je lui en ai enlevé une, ils lui en ont fixé une autre encore plus douloureuse.

Ah! il me semble bien que notre âge sera désavoué à cause de son orgueil! La plus grande infortune, c'est de perdre le contrôle de sa tête car, une fois qu'une personne a perdu le contrôle de sa tête et de son cerveau, tous ses membres deviennent invalides, ou ils deviennent ennemis les uns des autres.

Mon patient Jésus toléra toutes ces couronnes d'épines. Et à peine les eus-je enlevées qu'il se tourna vers les gens et leur dit: «Certains dans la guerre, certains en prison, d'autres dans les tremblements de terre. Quelques-uns resteront. L'orgueil a dirigé votre vie, et l'orgueil vous donnera la mort.»

Après cela, me tirant d'au milieu de ces personnes, Jésus béni s'est changé en enfant. Je l'ai porté dans mes bras pour qu'il se repose. Il m'a dit: «Entre toi et moi, que tout soit pour moi; et que ce que tu concéderas aux créatures ne soit rien d'autre que le débordement de notre amour.»

20 février 1900

Mon Jésus béni continuait de venir. Après que j'eus communié, il renouvela en moi les douleurs de la crucifixion. J'en étais si atteinte que je ressentais le besoin d'un soulagement, mais je n'ai pas osé le demander.

Un peu plus tard, Jésus revint sous la forme d'un enfant et il m'embrassa plusieurs fois. De ses Lèvres très pures coulait un lait très doux que j'ai bu à grandes gorgées. Comme je faisais cela, il me dit: «Je suis la fleur du Paradis céleste et le parfum que j'exhale est tel que tout le Ciel en est parfumé. Je suis la Lumière qui éclaire tout le Ciel; tous sont imprégnés de cette Lumière. Mes saints tirent de moi leurs petites lampes. Il n'y a pas de lumière au Paradis qui ne soit tirée de cette Lumière.»

Ah oui! il n'y a pas de parfum de vertu sans Jésus; sans lui, il n'y a pas de lumière, même au plus haut des cieux.

21 février 1900

Mon aimable Jésus recommença ses délais habituels. Qu'il soit toujours béni! En vérité, on a besoin d'avoir la patience d'un saint pour fonctionner avec lui. Celui qui n'a pas expérimenté cela ne peut le croire. Il est presqu'impossible de ne pas avoir une petite dispute avec lui.

Après avoir été patiente en l'attendant longuement, il vint finalement et me dit: «Ma fille, le don de la pureté n'est pas un don naturel mais une grâce acquise. L'âme l'obtient en se faisant attrayante par la mortification et les souffrances. Oh! comme les âmes mortifiées et souffrantes se rendent attrayantes. J'ai un tel goût pour elles que j'en deviens fou. Tout ce qu'elles veulent, je le leur donne. Quand tu es privée de moi -- ce qui est la souffrance la plus douloureuse pour toi --, accepte cette privation par amour pour moi; j'aurai pour toi un plus grand Amour qu'auparavant et je t'accorderai de nouvelles grâces.»

23 février 1900

Ce matin, alors que j'avais presque perdu l'espérance que Jésus béni vienne, il revint soudain. Il renouvela en moi les douleurs de la crucifixion et me dit: «Le temps est arrivé. La fin se dessine, mais l'heure est incertaine.» Alors que je me demandais si ces mots avaient trait à ma crucifixion complète ou aux châtiments, je lui dis: «Seigneur, j'ai peur que mon état ne soit pas conforme à la Volonté de Dieu.» Jésus reprit: «Le signe le plus sûr pour savoir si un état est conforme à ma Volonté, c'est quand on ressent la force de vivre dans cet état.»

Je lui dis: «Si c'était ta Volonté, tu ne cesserais pas de venir comme avant!» Il répondit: «Quand une personne est devenue familière dans une famille, toutes ces cérémonies et ces respects ne sont plus utilisés comme ils l'étaient auparavant, quand elle était encore une étrangère. Et ce n'est pas là le signe que cette famille ne veut plus de la personne, ni qu'elle ne l'aime pas plus qu'avant. Il en va ainsi avec moi. Par conséquent, reste tranquille; laisse-moi faire. Ne te torture pas le cerveau ou ne perds pas la paix de ton coeur. Au temps voulu, tu comprendras mes oeuvres.»

24 février 1900

Ce matin je me suis trouvée tout apeurée. Je croyais que tout était fantaisie ou que le démon voulait m'abuser. C'est pourquoi je détestais tout ce que je voyais et j'étais mécontente. J'ai vu que le confesseur priait Jésus de renouveler en moi les douleurs de la crucifixion et j'ai essayé de résister. Au commencement, Jésus béni le toléra ainsi mais, parce que le confesseur insistait, il me dit: «Ma fille, manquerons-nous réellement à l'obéissance cette fois-ci? Ne sais-tu pas que l'obéissance doit sceller l'âme et la rendre malléable comme la cire, de telle façon que le confesseur puisse lui donner la forme qu'il veut?»

Alors, ne s'occupant pas de mes résistances, il me fit partager les douleurs de la crucifixion. Et ne pouvant plus résister au commandement de Jésus et du confesseur (car je ne voulais pas consentir de peur que ce ne soit pas de Jésus), j'ai dû m'abandonner à la souffrance. Que Jésus soit toujours béni et que toutes les créatures le glorifient en toute chose et toujours!

26 février 1900

Après avoir vécu plusieurs jours dans la privation de Jésus (au plus, il est venu quelques fois comme une ombre, puis il fuyait), je ressentais une telle peine que j'ai fondu en larmes. Compatissant à ma peine, Jésus béni vint, me regarda attentivement et me dit:

«Ma fille, n'aie pas peur, car je ne te laisserai pas. Quand tu es privée de ma présence, je ne veux pas que tu perdes coeur. Plutôt, à partir d'aujourd'hui, quand tu seras privée de moi, je veux que tu prennes ma Volonté et que tu te réjouisses en elle, m'aimant et me glorifiant en elle, en la considérant comme si elle était ma Personne même. En faisant ainsi, tu m'auras dans tes mains mêmes.

«Qu'est-ce qui forme la béatitude du Paradis? Certainement ma Divinité. Et de quoi sera formée la béatitude de mes bien-aimés sur la terre? Certainement de ma Volonté. Elle ne vous fuira jamais. Vous l'aurez toujours en votre possession. Si tu restes dans ma Volonté, là tu expérimenteras des joies ineffables et des plaisirs très purs. En ne quittant pas ma Volonté, l'âme se rend noble; elle devient riche, et tous ses travaux réfléchissent le Soleil divin, comme la surface de la terre réfléchit les rayons du soleil.

«L'âme qui fait ma Volonté est ma noble reine; elle prend sa nourriture et son breuvage uniquement dans ma Volonté. À cause de cela, il coule dans ses veines un sang très pur. Sa respiration exhale un arôme qui me rafraîchit totalement, car il provient de ma propre Respiration. Ainsi, je ne veux rien de toi, si ce n'est que tu formes ta béatitude à l'intérieur de ma Volonté, sans en sortir, même un bref instant.»

Pendant qu'il disait cela, je demeurais tout alarmée et apeurée à cause des Paroles de Jésus soutenant qu'il ne viendrait pas et que je devais me calmer dans sa Volonté. Ô Dieu, quelle peine, quelle angoisse mortelle! Mais, avec douceur, Jésus ajouta: «Comment puis-je te laisser alors que tu es une âme victime? Je cesserai de venir quand tu cesseras d'être une âme victime. Mais tant que tu seras victime, je me sentirai toujours attiré à venir à toi.»

Ainsi j'ai retrouvé mon calme. Je me suis sentie comme entourée par l'adorable Volonté de Dieu, de telle manière que je ne trouvais aucune ouverture pour m'échapper. J'espère qu'il me gardera toujours ainsi emprisonnée dans sa Volonté.

27 février 1900

Alors que j'étais toute abandonnée à l'aimable Volonté de Notre-Seigneur, je me suis vue complètement entourée par mon doux Jésus, intérieurement et extérieurement. Je me suis vue comme transparente et, partout où je regardais, je voyais mon plus grand Bien. Mais, ô merveille, pendant que je me voyais entourée en dedans et en dehors par Jésus, moi-même, avec ma propre volonté, j'entourais Jésus de la même manière, de telle façon qu'il n'avait pas d'ouverture par où s'échapper, parce que, unie à la sienne, ma volonté le tenait enchaîné. Ô admirable secret de la Volonté de mon Seigneur, indescriptible est le bonheur qui vient de toi!

Comme je me trouvais dans cet état, Jésus béni me dit: «Ma fille, dans l'âme qui est toute transformée en ma Volonté, je trouve un doux repos. Cette âme devient pour moi comme ces lits moelleux qui ne perturbent en aucune manière ceux qui s'y reposent; même si les personnes qui s'en servent sont fatiguées, courbaturées et arides, la douceur et le plaisir qu'elles y trouvent sont tels qu'en s'éveillant, elles se trouvent fortes et en santé. Telle est pour moi l'âme conforme à ma Volonté. Et comme récompense, je me laisse moi-même lier par sa volonté et j'y fais briller mon Soleil divin comme en son plein midi.»

Ayant dit cela, il disparut. Plus tard, après que j'eus reçu la sainte communion, il revint et me transporta hors de mon corps. Je vis beaucoup de gens. Il me dit: «Dis-leur qu'ils font un grand mal en murmurant l'un contre l'autre; ils attirent mon indignation. Et cela est juste car, alors qu'ils sont tous sujets aux mêmes misères et faiblesses, ils ne font que s'intenter des procès l'un contre l'autre. Si, au contraire, avec charité ils se jugent l'un l'autre avec compassion, alors je me sens attiré à user de miséricorde avec eux.»

J'ai répété ces choses à ces gens, puis nous nous sommes retirés.

2 mars 1900

Ce matin, après que j'eus reçu la sainte communion, mon doux Jésus se montra à moi crucifié. Intérieurement, je me suis sentie attirée à me regarder en lui afin de pouvoir lui ressembler. Et lui-même se regarda en moi pour m'entraîner à lui ressembler.

Comme je faisais cela, j'ai senti que les douleurs de mon Seigneur crucifié s'infusaient en moi. Plein de bonté, il me dit: «Je veux que ta nourriture soit la souffrance, mais pas la souffrance pour elle-même, mais la souffrance comme fruit de ma Volonté. Le baiser qui liera notre amitié sera l'union de nos volontés; et le lien indissoluble qui nous liera dans un enlacement continuel sera une souffrance continuelle partagée.»

Pendant qu'il disait cela, Jésus béni devint décloué. Il prit sa Croix et l'étendit à l'intérieur de mon corps. J'en devins si étirée que j'ai senti mes os se disloquer. De plus, une main (je ne sais pas de qui elle était) perça mes mains et mes pieds et Jésus, qui était assis sur la Croix étendue en moi, prit grand plaisir à me voir souffrir et à voir la personne qui perça mes mains et mes pieds.

Puis il dit: «Maintenant je peux me reposer en tranquillité. Je n'ai même pas à me donner la peine de te crucifier, car l'obéissance fera tout cela par elle-même; je te laisse libre dans les mains de dame obéissance.»

Quittant la Croix, il se plaça sur mon coeur pour se reposer. Qui pourrait dire combien j'ai souffert dans cette position! Après une longue période et alors que, contrairement aux autres fois, Jésus ne se pressait pas pour me délivrer et me faire revenir à mon état naturel, je n'ai plus vu cette main qui m'avait crucifiée. Je l'ai dit à Jésus. Il me répondit: «Qui t'a mise sur la croix? Était-ce moi? C'était l'obéissance, et l'obéissance doit te libérer!» Il semblait qu'il voulait blaguer cette fois. Et il me libéra lui-même.

7 mars 1900

Ce matin, me retrouvant hors de mon corps, j'ai dû chercher à gauche et à droite pour trouver Jésus béni. Par hasard, je suis entrée dans une église et je l'ai trouvé sur l'autel où le Sacrifice divin était offert. Immédiatement, j'ai couru à lui et je l'ai embrassé en disant: «Finalement, je t'ai trouvé! Tu m'as laissé te chercher ici et là au point de me fatiguer, et tu étais ici!»

En me regardant avec gravité, et non pas selon sa manière bienveillante habituelle, il me dit: «Ce matin, je me sens très chagriné et je sens un grand besoin de recourir aux châtiments pour m'enlever mon fardeau.» Immédiatement, j'ai répondu: «Mon Cher, ce n'est rien! Nous allons remédier à cela à l'instant! Tu vas déverser ton amertume en moi et, ainsi, tu seras soulagé, n'est-ce pas?» Alors, il déversa son amertume en moi.

Ensuite, me pressant sur lui-même, comme s'il était libéré d'un grand poids, il ajouta: «L'âme conforme à ma Volonté sait si bien comment maîtriser ma Puissance qu'elle en vient à me lier complètement; elle me désarme comme il lui plaît. Ah! toi, combien de fois tu me lies!» Pendant qu'il disait cela, il revint à son aspect doux et bienveillant habituel.

9 mars 1900

Étant un peu agitée à propos d'une certaine chose, mon esprit errait ici et là. Je cherchais à me rassurer et à retrouver ma paix, mais Jésus béni m'empêchait d'arriver à mon but. Comme j'insistais, il me dit: «Pourquoi vagabondes-tu ainsi? Ne sais-tu pas que celui qui va contre ma Volonté va hors de la lumière et s'emprisonne dans la noirceur?»

Comme pour me distraire de ce que je cherchais, il me transporta hors de mon corps et, changeant de sujet, il me dit: «Le soleil illumine toute la terre d'un bout à l'autre, de telle manière qu'il n'y a pas un endroit qui ne profite de sa lumière. Il n'y a personne qui puisse se plaindre d'être privé de ses rayons bienfaisants. Chacun peut en bénéficier comme s'il l'avait pour lui seul. Seulement ceux qui se cachent dans des lieux obscurs peuvent se plaindre de ne pas en jouir. Cependant, continuant son office charitable, il laisse quand même passer pour eux quelques rayons.

«Le soleil qui éclaire tous les peuples est une image de ma grâce. Les pauvres et les riches, les ignorants et les savants, les chrétiens et les incroyants peuvent en bénéficier. Personne ne peut dire qu'il en est privé, parce que la lumière de la Vérité inonde le monde comme le soleil en son plein midi.

«Mais quelle n'est pas ma peine de voir que les gens passent au milieu de cette lumière les yeux fermés et que, défiant ma grâce par leurs torrents d'iniquités, ils s'éloignent de cette lumière et vivent volontairement dans des régions ténébreuses au milieu de cruels ennemis. Ils sont exposés à mille dangers parce qu'ils n'ont pas la lumière; ils ne peuvent discerner s'ils sont au milieu d'amis ou d'ennemis et, ainsi, ne savent pas contourner les dangers qui les entourent.

«Ah! tous seraient horrifiés si l'homme faisait ce genre d'affront au soleil, poussant son ingratitude jusqu'à s'arracher les yeux pour le vexer et ne pas voir ses rayons, pour être ainsi plus certains de vivre dans les ténèbres. S'il pouvait raisonner, le soleil enverrait des lamentations et des pleurs plutôt que sa lumière, ce qui tournerait la nature sens dessus dessous.

«Quoiqu'il serait horrifié de voir faire cela en ce qui concerne la lumière naturelle, l'homme atteint de tels extrêmes en ce qui concerne la lumière de ma grâce. Mais, toujours bienveillante, la grâce continue d'envoyer ses rayons sur les ténèbres humaines. Ma grâce n'ignore personne! C'est plutôt l'homme qui, volontairement, la boude. Et quoiqu'il n'ait plus cette lumière en lui, celle-ci lui octroie quand même son scintillement.»

Pendant qu'il disait cela, Jésus semblait extrêmement affligé. Je fis ce que je pouvais pour le consoler, le priant de déverser son amertume en moi. Il ajouta: «J'implore ta compassion, même si je suis la cause de ton affliction car, de temps en temps, je sens la nécessité d'alléger ma douleur en parlant à mes âmes bien-aimées de l'ingratitude des hommes. Je veux émouvoir ces âmes amies pour les amener à me faire réparation pour tous ces excès, et aussi pour les amener à la compassion envers les hommes eux-mêmes.» Je lui dis: «Seigneur, j'aimerais que tu ne m'épargnes pas en me faisant participer à tes douleurs.» Et, sans que j'aie pu en dire plus, il disparut et me fit réintégrer mon corps.

10 mars 1900

Ce matin, après que j'eus reçu la sainte communion, j'ai vu mon cher Jésus sous la forme d'un enfant, avec une lance à la main, désirant transpercer mon coeur. Comme j'avais dit une certaine chose à mon confesseur, Jésus, voulant me réprimander, me dit: «Tu veux éviter de souffrir, mais je veux que tu commences une nouvelle vie de souffrance et d'obéissance!»

Comme il disait cela, il transperça mon coeur avec la lance. Puis il ajouta: «L'intensité du feu correspond à la quantité de bois qu'on y met. Plus le feu est grand, plus grande est sa capacité de brûler et de consumer les objets qu'on y dépose, et plus grandes sont la chaleur et la lumière qu'il développe. Telle est l'obéissance. Plus elle est grande, plus elle est capable de détruire dans l'âme ce qui est matériel. Comme à une cire molle, l'obéissance donne à l'âme la forme qu'elle veut.»

11 mars 1900

Tout se passait comme à l'accoutumée. Ce matin, j'ai vu Jésus plus affligé que d'habitude et il menaçait de mort des personnes. J'ai vu aussi que, dans certains pays, beaucoup mouraient.

Plus tard, j'ai passé dans le purgatoire et, y ayant reconnu une amie décédée, je l'ai questionnée sur différentes choses concernant mon état. Je voulais spécialement savoir si mon état correspondait à la Volonté de Dieu et si c'était Jésus qui venait ou le démon. Je lui ai dit: «Puisque tu te trouves devant la Vérité et que tu connais les choses clairement sans pouvoir être trompée, tu peux me dire la vérité sur mes affaires.»

Elle me répondit: «N'aie pas peur. Ton état est selon la Volonté de Dieu et Jésus t'aime beaucoup. C'est pour cette raison qu'il daigne se manifester à toi.»

Alors, lui soumettant quelques-uns de mes doutes, je la priai d'avoir la bonté d'examiner ces choses devant la lumière de la Vérité et d'être assez charitable de venir ensuite m'éclairer. J'ai ajouté que si elle faisait cela, en récompense, je ferais célébrer une messe à ses intentions.

Elle dit: «Si le Seigneur le veut! Car nous sommes si plongés en Dieu que nous ne pouvons pas même bouger nos paupières sans son consentement. Nous vivons en Dieu comme des personnes qui vivent dans un autre corps. Nous pouvons penser, parler, travailler, marcher, autant qu'il nous est donné par ce corps d'appoint. Pour nous, ce n'est pas comme pour toi, qui as le libre choix, qui dispose de ta propre volonté. Pour nous, nos volontés personnelles ont comme cessé de fonctionner. Notre volonté est uniquement celle de Dieu. Nous vivons en elle. En elle nous trouvons tout notre contentement, tout notre bien et toute notre gloire.»

Puis, dans un contentement inexprimable concernant la Volonté divine, nous nous sommes séparées.

14 mars 1900

Le confesseur m'avait demandé de prier le Seigneur pour qu'il me manifeste la manière d'attirer les âmes au catholicisme et d'éliminer l'incroyance. J'ai prié Jésus sur ce point pendant plusieurs jours et il daigna aborder cette question.

Ainsi, ce matin, je me suis trouvée hors de mon corps, transportée dans un jardin. Il me sembla que c'était le jardin de l'Église. Il y avait là beaucoup de prêtres et d'autre dignitaires qui discutaient sur la question. Un chien immense et puissant vint et laissa la plupart si effrayés et épuisés qu'ils se sont laissés mordre par la bête. Par la suite, ils se retirèrent de la réunion comme des peureux.

Cependant le chien féroce n'avait pas la force de mordre ceux qui avaient Jésus dans leur coeur comme le centre de toutes leurs actions, de toutes leurs pensées et de tous leurs désirs. Ah oui! Jésus était le bouclier de ces personnes; la bête devint si faible devant elles qu'elle n'avait pas la force de respirer. Pendant que les gens discutaient, j'ai entendu Jésus qui disait derrière mon dos:

«Toutes les autres sociétés connaissent ceux qui appartiennent à leur groupe. Seulement mon Église ne sait pas qui sont ses fils. Le premier pas est de savoir quels sont ceux qui lui appartiennent. Vous pouvez les connaître en établissant une réunion à laquelle ceux qui sont catholiques seront invités, à un endroit bien choisi pour une telle réunion. Et là, avec l'aide de laïcs catholiques, établissez ce qui doit être fait.

«Le deuxième pas est d'obliger les catholiques présents à se confesser, ceci étant la chose principale qui renouvelle l'homme et en fait un vrai catholique. Ceci n'est pas seulement pour ceux qui assistent, mais aussi pour celui qui est le supérieur. Il devra aussi obliger ses sujets à se confesser. Pour ceux qui refuseront, il devra avec courtoisie les congédier.

«Quand chaque prêtre aura formé le groupe de ses catholiques, on pourra ensuite faire d'autres pas. Et pour reconnaître les temps appropriés pour avancer, on doit faire comme pour les arbres qui ont besoin d'être émondés. Les arbres émondés produisent des fruits de qualité, mais si l'arbre n'est pas émondé, il affiche un bel étalage de branches feuillues et de fleurs, mais il n'a pas suffisamment de sève et de force pour transformer autant de fleurs en fruits. Puis, quand une grosse pluie ou un coup de vent arrive, les fleurs tombent et l'arbre devient dénudé. Il en va ainsi pour les choses de la religion.

«Premièrement, vous devez former un corps de catholiques suffisant pour se tenir debout devant les autres groupes. Ensuite, vous pouvez entrer dans les autres groupes pour n'en former plus qu'un.»

Après qu'il eut dit cela, je ne l'ai plus entendu. Sans même le revoir, je me suis retrouvée en mon corps. Qui pourrait dire ma peine de ne pas avoir vu Jésus béni pendant toute la journée et toutes les larmes que j'ai versées!

15 mars 1900

Puisque Jésus continuait d'être absent, j'étais consumée par la peine et j'ai senti en moi monter une fièvre au point d'en devenir délirante. Le confesseur vint pour célébrer le sacrifice divin et j'ai reçu la communion. Cependant, je n'ai pas vu mon cher Jésus comme d'habitude quand je communie. C'est pourquoi j'ai commencé à parler d'une manière insensée:

«Dis-moi, mon Bien, pourquoi ne te montres-tu pas? Il me semble que cette fois je n'ai pas occasionné ton évasion! Quoi? Tu me laisses tout simplement? Ah! pas même des amis de cette terre agissent de cette manière. Quand il ont à partir, au moins ils disent au revoir. Et tu ne me dis même pas au revoir! Peut-on agir de cette manière? Pardonne-moi si je parle comme cela. C'est la fièvre qui me rend délirante et qui me fait tomber dans cette folie!»

Qui pourrait dire toutes les idioties que je lui ai ainsi dites? J'étais délirante et je pleurais. À un moment, Jésus montrait une main, à un autre, un bras. J'ai vu le confesseur qui me donna l'autorisation de souffrir la crucifixion. Ainsi contraint par l'obéissance, Jésus se montra. Je lui dis: «Pourquoi ne te montrais-tu pas?»

Et lui, d'un ton sévère, me dit: «Ce n'est rien! Ce n'est rien! C'est seulement que je veux châtier la terre. Mais le fait d'être en bonne relation avec ne fût-ce qu'une seule personne me rend désarmé et je n'ai plus la force de mettre les châtiments en marche; quand tu vois que je veux envoyer des châtiments, tu commences à dire: "Verse-les sur moi. Fais-moi souffrir." Alors je me sens vaincu par toi et je ne passe jamais aux châtiments. Mais, pendant ce temps, l'homme ne fait que devenir plus provoquant.»

Le confesseur m'autorisa à souffrir la crucifixion. Mais Jésus se montra lent à procéder, contrairement aux autres fois où il passait immédiatement aux actes. Il me dit: «Que veux-tu faire?» Je lui répondis: «Seigneur, ce que tu veux.» Se tournant alors vers le confesseur, il lui dit d'un ton sérieux: «Veux-tu, toi aussi, me lier en lui donnant cette permission pour que je la fasse souffrir?»

Pendant qu'il disait cela, il commença à me faire partager les douleurs de la Croix. Par la suite, pacifié, il déversa en moi son amertume. Puis il dit: «Où est le confesseur?» Je répondis: «Je ne sais pas. Il n'est sûrement plus avec nous.» Jésus dit: «Je veux le voir car, puisqu'il m'a rafraîchi, je veux moi aussi le rafraîchir.»

17 mars 1900

Ce matin, Jésus béni me montra le Saint-Père avec des ailes étendues. Il était à la recherche de ses enfants pour les rassembler sous ses ailes. J'ai entendu ses gémissements: «Mes enfants, combien de fois j'ai essayé de vous rassembler sous mes ailes, mais vous me fuyez. Par pitié, entendez mes gémissements et compatissez à ma douleur!» Il pleurait amèrement. Il semblait que ce n'était pas seulement des laïcs qui s'écartaient du Pape, mais aussi des prêtres; et cela lui donnait des douleurs plus grandes encore. Comme il est pénible de voir le Pape dans cet état!

Après, j'ai vu Jésus faire écho aux gémissements du Saint-Père en disant: «Parmi ceux qui sont restés fidèles, quelques-uns vivent pour eux-mêmes; ils n'ont pas le zèle de s'exposer pour ma gloire et pour le bien des âmes. D'autres sont retenus par la peur. D'autres parlent, proposent et promettent, mais ne passent jamais aux actes.» Puis il disparut.

Un peu plus tard il revint et je me suis sentie toute anéantie par sa présence. Me voyant anéantie, il me dit: «Ma fille, plus tu t'abaisses, plus je me sens attiré à me courber vers toi et à te remplir de mes grâces. L'humilité attire ma lumière.»

20 mars 1900

Ayant reçu la sainte communion, j'ai vu mon doux Jésus. Il m'invita à sortir avec lui, à la condition cependant que partout où nous irions, si je voyais qu'il était contraint par les péchés d'envoyer des châtiments, je ne m'opposerais pas. Nous sommes ainsi allés de par le monde.

En premier, j'ai vu que tout était desséché en certains endroits. J'ai dit à Jésus: «Seigneur, que feront ces pauvres gens s'ils manquent de nourriture pour se nourrir? Oh! tu peux tout. Juste comme tu as fait que ces terres se dessèchent, rends-les florissantes.» Comme il portait une couronne d'épines, j'ai tendu mes mains en disant: «Mon Bien, qu'est-ce que ces personnes t'ont fait? Peut-être t'ont-elles mis cette couronne d'épines? Alors, donne-la moi. Ainsi, tu seras apaisé et tu leur donneras de la nourriture afin qu'ils ne périssent pas.»

Prenant sa couronne d'épines, je l'ai pressée sur ma tête. Comme je faisais cela, Jésus me dit: «Il est bien évident que je ne peux pas t'amener avec moi, car t'amener avec moi et ne pouvoir rien faire, c'est la même chose.» Je lui répondis: «Seigneur, je n'ai rien fait! Pardonne-moi si tu penses que j'ai mal agi. Mais, par pitié, garde-moi avec toi.» Il me dit: «Tes façons d'agir me lient complètement!» Et je poursuivis: «Ce n'est pas moi qui fais ainsi, c'est toi-même car, me trouvant avec toi, je vois que tout t'appartient et il me semble que si je ne prends pas soin de tes choses, je ne prends pas soin de toi. Par conséquent, tu dois me pardonner si j'agis de cette manière, car je le fais par amour pour toi. Tu ne dois pas m'écarter de toi pour cela!»

Ensuite, nous avons continué notre tournée. Je faisais tout ce que je pouvais pour ne rien dire afin de ne pas lui donner l'occasion de me congédier. Mais quand je ne pouvais plus me retenir, je commençais à m'opposer. Nous sommes arrivés à un point en Italie où on était à inventer un moyen de provoquer un grand écroulement, mais je ne comprenais pas ce que c'était. J'ai commencé à dire: «Seigneur, ne permets pas cela! Ces pauvres gens, que feront-ils?» Voyant que je devenais anxieuse et que je voulais l'empêcher d'agir, il me dit avec autorité: «Recule, recule!»

Prenant une ceinture pleine de clous et d'épingles qui était enfoncée dans son Corps et qui le faisait beaucoup souffrir, il ajouta: «Recule et prends cette ceinture avec toi; tu me soulageras beaucoup.» Je lui dis: «Oui, je vais la mettre à ta place, mais laisse-moi rester avec toi.» Il ajouta: «Non! Recule!» Il m'a dit cela avec une telle autorité que, incapable de résister, je suis retournée dans mon corps. Je n'ai pas pu comprendre ce qu'était cette invention.


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