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La pêche du bord

  • Par SpooKerZ_
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Plaidoyer pour la pêche à pied



Ces dernière année, les pêches embarquées connaissent un succès sans précédent, on finirai presque par oublier les plaisirs et la simplicité des approches au bord ! Elle répond pourtant toujours à une certaine philosophie, tout en autorisant des modes de prospection qui, dans certaines conditions vont se montrer tout aussi efficaces !


Essor récent du float-tube, course aux coques motorisées à l'électronique embarquée : notre loisir n'échappe pas à l'évolution de notre société, au risque parfois de n'avoir plus tout à fait les pieds sur terre.

Pourtant, quoi de plus simple que d'attraper une canne, une boîte de leurres et d'aller prospecter les berges quelques heures durant. La pêche à pied, au sens sportif du terme, n'a rien d'un pis-aller même si ceux qui la pratiquent aujourd'hui en seraient presque à passer pour des anti-conformistes... Il y a certes les poètes qui s'ignorent, ceux pour qui elle est le moyen de partager une forme d'intimité avec la nature, prenant le temps d'observer, d'écouter, d'être comme on dit <en osmose> pour ma génération street fishing, pêcher du bord et souvent le seul moyen d’assouvir leur passion naissante, à moindres frais, sur les bancs de la meilleure école qui soit, celle de la lecture de l'eau, de l'apprentissage des mœurs de nos carnassiers. Avant, bien souvent, de passer à l'étape suivante : le premier float-tube. 


VIVE LA LIBERTE



Enfin, pour certaines vieilles mains expertes et autres quêteurs de beaux challenges pêcher depuis les berges est avant tout un choix de liberté d'action, de solitude, de simplicité et parfois même d'efficacité. Amusez vous à faire le bilan de votre dernière saison et remémorez vous ces jours ou un beau brochet est venu mordre quasiment dans vos bottes. 

Tellement surpris, vous en avait oublié de ferrer ! Et cette question qui revient chaque fois: pourquoi aller chercher si loin ce qui se trouve à nos pieds ? Le brochet, encore lui, par exemple se tient régulièrement embusqué en bordure, prêt à jaillir à tout moment !


ILS Y VIENNENT TOUS 



Le brochet n'est bien entendu pas le seul carnassier à venir au berges. Le Black-Bass lui aussi aime sa, pourvu qu'une rive soit bien encombrée ou recouverte de végétation aquatique. A certaines périodes de l'année, perches, sandres, et silures quittent les fosses pour profiter d'une eau qui se réchauffe et ou se concentre le poisson fourrage. La période qui va de l'ouverture jusqu'aux premières chaleurs estivales, puis l'automne sont des mois à ne pas rater. En rivière, au cœur de l'été ce sont encore les sandres que l'on va retrouver à l'ombre des frondaisons, parfois dans peu d'eau, a fortiori si un léger courant vient lécher les berges. L'hiver, le temps d'une crue et tant que les eaux montent, pêcher sous la canne le moindre amorti peut rapporter gros. En respectant un certain calendrier donc, en choisissant bien ses secteurs et ses techniques, un bon pêcheur du bord pourra toujours tirer de son épingle du jeu. Le pêcheur du bord ne doit nourrir aucun complexe face à ses collègues embarqués qui, c'est vrai on accès à un terrain de jeu plus vaste et plus varié.

Bien au contraire, il doit faire de ses contraintes, accessibilité à certain postes, difficulté de pêcher en lancer ramener par exemple, risque d'accrochages plus nombreux, ... Une force.


DE VRAIS ATOUTS


En se concentrant sur des postes où pêcher à pied est un réel avantage: petites rivières très encombrées, impropres à tout  navigation, darses et autres lônes, canaux désaffectés, étangs ou retenues d'eau peu profondes, zone portuaires, quais de centre ville, mise à l'eau, seuils, rejets d'eau, etc. Autant de spots souvent négligés par les pêcheurs embarqués pour des raisons pratiques ou liées  à la législation et dont ont peut donc supposer qu'ils subissent une moindre pression de pêche.

N'oublions pas que partout où l rive est différente, elle est susceptible d'abriter une zone de confort ou de chasse. En respectant nos propres limites techniques, il convient de bien appréhender les dimensions du milieu prospecté et ses caractéristiques. Vouloir battre des kilomètres de linéaire à tout prix, lancer systématiquement le plus loin possible, en se disant qu'en ratissent large , on finira bien par localiser un carnassier mordeur, est souvent voué à l'échec.


LES POSTES EXIGUS


Mieux vaut en effet mettre en oeuvre un mode de pêche ou lancer court et avec précision à toute sa raison d'être, en privilégiant des frappes chirurgicales sur des postes réduits bien spécifiques (éboulis rocheux, bois mort, petite plage en pente douce, cassure, arrivée d'eau, etc.), ce qui n'empêche pas de multiplier les sauts de puce bien ciblés, en ode prospection Le pêcheur du bord doit être un tantinet fouineur, crapahuter, explorer, se faufiler dans les secteurs encombrés. Libre à lui d'aller glisser un leurre dans la moindre trouées de branches, entre deux palplanches, le long d'une pile de pont, sous une péniche à quai... autant de postes prometteurs mais délicats. La prise de risque sera d'autant plus mesurée qu'il fera appel aux montages texans ou aux triples anti-bois pour pourvoir récupérer en linéaire.

A LA DESCENTE

Il n'ignorera pas non plus les animations verticales, qui non seulement limitent les accrochages, mais permettent aussi d'insister longuement sur un poste. Jig, drop shot, plomb-palette, lipless, complètent son arsenal, sans oublier les indispensables: cranckbait, chatterbait, spinnerbait et rubber-jig équipé  d'un trailer. Ce dernier largement sous-employé hormis par les pêcheurs de black-bass, est redoutable. Bien présenté, au cœur d"un amas de branches, il est prompt à séduire brochet, sandre, perche voire silure qui le prennent à la descente, effet de surprise aidant.

TOUJOURS DISCRET


Quelle que soit la technique déployée, le pêcheur du bord se doit de soigner la discrétion de son approche. Avant toute action de pêche, il doit prendre le temps de l'observation, lunettes polarisantes sur le nez. La pêche à vue devient alors particulièrement excitante.

Attention: un combat avec un beau poisson piqué depuis la berge et qui fonce vers le premier obstacle venu n'est jamais gagné d'avance.

Il s'agit d'être réactif, ferme voir  autoritaire lorsque la situation l'impose. 

Parfois, ça passe ou sa casse... Mais quelle émotions ! D'ailleurs, par ses bienfaits physiques et le bien être qu'elle procure, je me demande si la pêche du bord ne devrait pas être rembourser par la Sécurité Social :) ?


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